Tout ça pour oublier de dire le principal, j'ai fini Bérénice de Racine
ça c'était du théâtre 
Franchement j'avoue que j'ai du mal à comprendre l'engouement pour Molière alors qu'à côté on avait ça à la même époque. Des alexandrins parfait, une dramaturgie magnifique, des monologues ahurissants sur l'amour, et cette fin, on retient son souffle même si on sait que c'est fini, on a envie de tourner la page et de se dire : "non, c'est pas la fin, elle sera heureuse la fin !"
Le mot tragédie prend tout son sens, et j'ai envie de dire qu'en lisant ces mots je me demande si le reste peut avoir un sens à côté d'oeuvres aussi belles que Phèdre ou Bérénice ?
Comment des auteurs sans style aucun peuvent réussir à se vendre, comment des histoires aussi plates peuvent avoir du succès ? Alors qu'au XVII siècle Racine a fait bien mieux que tout ça et que sa plume ne sera sans doute jamais égalée dans tout les domaines, que ça soit dans la forme (la forme parfaite de l'alexandrin
), que dans le fond, ahh cette histoire d'amour, si on la faisait maintenant pour ménager le public on changerait cette fin pour qu'elle soit brutale, voir pour la faire se finir bien… Or justement c'est cette brutalité, ce désarroi du spectateur qui est magnifique, cette envie de pleurer, tout simplement parce que c'est triste, pas parce qu'on a traîné en longueur pendant 500 ans en appuyant bien fort pour que la ménagère pleure.
Maintenant faut que je lise Tite et Bérénice de Corneille pour voir qui du maître ou de l'élève a fait la meilleure pièce.