Énorme surprise pour ma part. Moi qui n'avait pas aimé du tout L'esquive, j'ai adoré celui-ci. J'ai rarement vu des personnages aussi vrais au cinéma. C'est en plus bien filmé, royalement interprété, et la danse finale confine à la transe hypnotique. Superbe, vraiment. ![]()
Allez Vénus Noire + revois l'esquive ![]()
En plus nus Noire me tentait beaucoup, et comme un flemmard je n'y suis pas allé.
Mais je le verrai, c'est certain. Et ça m'a donné envie de revoir L'esquive aussi, même si je doute adoré avec une seconde vision (mais peut être l'aimer un peu plus déjà).
"C'est en plus bien filmé, royalement interprété, et la danse finale confine à la transe hypnotique"
couplé avec cette scène de la mobylette volée, l'un des moments les plus jouissifs du cinéma ![]()
Kechiche c'est vraiment le plus grand réalisateur français actuel (avec Desplechin)
Je rejoins l'avis de dom370. Toute la force du film réside dans le jeu de ses acteurs et dans le montage brillant, façon docu-vérité à la Strip-tease. On sent derrière le gros travail d'improvisation qui apporte au film une authenticité rare.
En revanche, j'ai réellement senti les 2h30. Je conçois qu'on puisse se laisser happer par cette famille et s'oublier avec eux dans la longueur des scènes, mais ce qui m'y a fait entrer m'en a aussi fait sortir. Certaines scènes s'étirent trop (notamment celle du pot ou de la crise de nerfs) et tous les acteurs n'ont pas la même capacité à les assurer. Habib Boufares parle peu mais laisse paraitre un fort charisme et une belle gravité dans son jeu. A l'inverse Hafsia Herzi débite comme une mitraillette et les scènes où elle joue m'ont toujours paru comme les meilleures du film, preuve de talent donc. Le reste de la distribution est plus en deçà et aurait vraiment justifié de couper certains moments.
L'histoire quant à elle est simple, à l'image de cette même simplicité du quotidien distillée tout au long du film. Une belle métaphore avec la dernière scène mais encore une fois ça traine terriblement. Cette volonté acharnée du réalisme épuise.
Je retiendrai donc l'excellente direction des acteurs (beau travail de Kechiche) au même titre que la mauvaise pondération de certaines scènes.
Je l'ai donc vu dimanche soir sur France 2
Dans l'ensemble j'ai beaucoup aimé ce côté viscéral et intimiste du film. Je pense que Kechiche s'est inspiré du style de Cassevetes par sa façon de filmer les morceaux de vie tout en ayant tout de même son propre style, plus "documentaire".
C'est là l'intérêt de La Graine et le Mulet, la ligne conductrice du scénario est mince en tant que telle. Disons qu'elle est prétexte à filmer la vie d'une famille de manière très intimiste tout en gardant cependant une certaine pudeur dans l'expression des sentiments des personnages par moments et paradoxalement en les laissant exploser par intermittences. Le jeu des acteurs m'a bluffé, une personne qui allume sa télé et tombe sur le film pourrait limite croire qu'il s'agit d'un documentaire tant tout sonne juste, à la limite on dirait de l'improvisation (Et je pense que celle-ci compose la majorité des jeux des acteurs présents ici). J'ai énormément adoré ce souci d'authenticité apporté par le cinéaste, il donne davantage de crédit au film et je trouve appréciable cette volonté d'éviter les faux-semblants très soigneusement.
Bon par contre je lui trouve quelque défauts tout de même à ce film, et le principal étant qu'il s'étire trop. A mon sens Kechiche n'a pas trouver le juste milieu, il n'a pas su calibrer le timing pour à la fois rendre ces situations crédibles et pour intéresser son spectateur. Aucune scène n'est de trop mais elles sont trop longues presque à chaque fois et ça en devient gênant. De plus la fin m'a laissé de marbre, je l'ai trouvé assez pénible. peut-être était-ce dû au fait que la fatigue commencait à tomber sévèrement sur ma tronche mais je trouvais que là c'était le summum de l'étirement. Et pourtant il y a une grande idée derrière tout ça.
C'est la soirée d'inauguration du restaurant et tout part en vrille. On voit quelque part que le projet de Slimane est instable, et plus le temps passe depuis la disparition de son fils qui a la graine et plus l'espoir disparait. Cela se symbolise par ces dernières minutes désespérées, où sa course contre sa mobylette volée est quelque part la métaphore de son espoir qui s'envole.
Pourtant malgré tout ça m'a agacé car encore une fois, ça s'étire trop.
Je garde un excellent souvenir de La Graine et le Mulet mais ce uqi m'a empêché vraiment d'adorer c'est ce rythme mal calibré, Kechiche aurait pu amputer son film de 20-30 minutes. Non pas qu'au final ce soti ennuyeux, mais des scènes de disputes, de cris et d'énervement qui s'étirent, ça en devient éprouvant et assez pénible. C'est dommage car bon sang qu'est-ce qu'il peut y avoir de riches idées dans ce film. Je ne fais pas une croix sur un éventuel revisionnage mais en attendant j'aimerais en découvrir plus de ce réalisateur que je découvrais ici pour la première fois. J'adore son souci de l'authencité et son sens de la mise en scène, c'est ressemblant à Cassavetes mais ça reste totu de même très personnel. En tout cas je recommande, ça reste un très bon film
7.5/10
"à la limite on dirait de l'improvisation (Et je pense que celle-ci compose la majorité des jeux des acteurs présents ici)."
En fait ce n'est pas le cas. Kechiche travaille énormément sur les répétitions, mais le jeu des comédiens respectent quasiment à la lettre le scénario.
Abdellatif Kechiche est un réalisateur qui a une conception du temps cinématographique très théâtrale. Il s'intéresse beaucoup plus à l'aspect dramatique que comprend chaque scène, que la vision globale de son film. C'est pourquoi au début son cinéma peut un peu rébuter car il est très loin d'être académique.
Je ne comprends pas trop qu'on puisse reprocher au film de s'étirer en longueur. Si les scènes avaient été amputées, on aurait été dans le banal, le déjà-vu voire le stéréotype. Mais c'est justement en étirant ses scènes encore et encore que Kechiche épuise le cliché. Au fur et à mesure de chaque scène on sent que les personnages évoluent, changent d'avis, et cela n'est vraisemblable que parce que Kechiche prend le temps de nous montrer pourquoi et comment ils changent. Par exemple, la scène où les vieux musiciens discutent à la terrasse n'aurait pas eu de sens si elle avait été moins longue, c'est grâce à sa longueur qu'on voit, imperceptiblement, comment ils vont décider d'aider gratuitement leur ami alors qu'ils se foutaient ouvertement de lui au début. C'est en faisant durer chacune de ces séquences que Kechiche parvient à créer un suspense parfois irrespirable (comme l'explique bien Hommer page précédente) et à atteindre la vérité et le réel.
Et je trouve assez réducteur de parler du film comme un docu-fiction au scénario simpliste. C'est une tragédie sur deux (voire trois) familles qui se haïssent, sur un amour impossible entre deux membres de ces familles : Riadh et Rym (un amour tellement impossible qu'il est à peine perceptible dans le film : quelques sous entendus, quelques regards furtifs subtilement mis en scène par Kechiche, et c'est tout, il n'en sera jamais question ouvertement).
Et c'est aussi un véritable spectacle, le suspense incroyable que Kechiche crée à la fin (avec une simple disparition de couscousière) ou la danse magnifique d'Hafsia Herzi, en sont les parfaits exemples.
Exactement. La dilatation excessive du temps est une des caractéristiques du cinéma de Kechiche, sans elle ses films perdraient fortement de leur intérêt.
C'est ça, et après ma mère me dit "mais ça traîne en longueur ce film"
Retourne voir Parlez-moi de la pluie ![]()
Mes parents avaient adoré, alors que j'étais sûr qu'ils allaient faire : Mouais c'est chiant.
Comme quoi parfois…
Magnifique !
Après la banlieue, Kechiche filme la famille. Et il y parvient avec la même intensité. Comment ne pas éprouver d'empathie pour ce vieil homme taciturne, humble, mais dévoué ? Kechiche a une fois de plus l'intelligence de ne pas tomber dans le misérabilisme, d'alterner la peine et la joie, de délivrer de la sincérité. On suit avec passion la vie de cette petite famille, les aléas de la vie quotidienne, on s'attache à tous les personnages, on finit par ne leur souhaiter que du bonheur, alors qu'eux-mêmes sont loin d'être bons, ou mêmes mauvais. Inutile de dire que le coeur du film tient en la relation entre Slimane et sa belle-fille, incarnée par l'hypnotisante Hafsia Herzi. Ce type a le don pour rendre amoureux de ses actrices, c'est pas possible. Et cette danse du ventre, mon dieu ![]()
Et encore une fois, Kechiche fait durer ses scènes, les conversations passent de l'essentiel à la banalité, les moeurs se révèlent. Le film atteint son apothéose lors d'une séquence finale enivrante. Dur de trancher sur cette fin abrupte, je n'en dis pas plus mais j'aurais tellement aimé que le film continue. Il aurait pu continuer, comme il aurait pu commencer bien avant, c'est une tranche de vie qui nous est offerte, et quelle tranche de vie.
Même si j'ai pas spécialement adoré son dernier, faudrait que je regarde ses autres films quand même
.
Tellement énorme ce film, c'est la magie Kechiche
Et maintenant j'ai envie de couscous au poisson
snake
Ben ça dépend ce qui fait que tu n'as pas adoré le dernier ![]()