L'an dernier on avait reparlé de ce film à cause de la sortie de Jeune et jolie, je voulais voir le Bunuel avant, car j'adore Bunuel et pour me faire un bon moyen de comparaison pour cracher sur le Ozon (je suis comme ça). Cependant je ne l'ai pas fait et ça ne m'avait pas empêché de détester le Ozon.
Mais je suis déçu de Belle de jour. Disons que j'attendais un chef d'oeuvre et que je n'ai vu qu'un bon film. En fait j'ai retrouvé tout ce que j'aime chez Bunuel, c'est un peu étrange, c'est assez sulfureux malgré tout, mais surtout il y a un propos qui serait difficile à tenir aujourd'hui. Parce que son film parle quand même d'une bourgeoise qui n'a comme seul désir de se faire tringler (je caricature à peine). Et je trouve ça bien.
Enfin un réalisateur qui comprend le désir des femmes, leurs fantasmes, leur insatisfaction, leur envie de se donner. Je pourrai revenir sur l'envie de pénis tout à fait freudienne.
Ce que j'ai beaucoup aimé c'était ces petites digressions, ces petits rêves qu'elle peut faire, tout à coup on ne sait plus où on est, avec qui on est, quand on est, et puis rappel à la réalité. Comme un vrai rêve. Et avec ces procédés il dit tout sans trop en faire sur l'état de Séverine.
Du coup même moi qui suis un homme est capable de la comprendre et ça c'est beau.
Après le film a quelques défauts, c'est malheureusement un peu plat (une scène sur deux je dirai), je veux dire par là qu'il y a une séquence avec des trouvailles absolument fascinantes et puis la scène d'après tourne peut-être un peu en rond.
Par contre la fin est superbement bien trouvée et quelque part, après avoir vu le film, ça ne devait se finir comme ça.
Un film imparfait mais qui n'en demeure pas moins bon et intéressant et qui finalement n'a pas tant perdu que ça son aspect sulfureux et on a droit à une belle Deneuve nue de dos (c'est déjà ça).