Bon j'ai trouvé le topic pour poster ma critique d'un conte d'été. Risques de spoiler.
C'est le second Rohmer que je vois, après la collectionneuse qui quoi qu'on puisse en dire m'avait bien plu.
Par contre j'ai mis 2 ou 3 minutes à bien rentrer dans le film, j'ai cru que j'allais me faire chier comme un rat mort. Puis vint cette rencontre avec cette ravissante jeune femme. C'est les passages entre ces deux personnages que j'apprécie le plus, j'ai trouvé ça vraiment vrai, un peu comme la vie, pas vraiment un conte, une rencontre, le destin, puis la façon dont les personnages parlent : j'adore, plutôt comme ça que de niveler par le bas comme dans de nombreuses productions actuelles. C'est le genre de film totalement atemporel qui pourrait se passer au moyen âge ou bien de nos jours… (un conte quoi).
Très vite l'on comprend que ça n'est pas vraiment de l'amour qu'elle recherche la belle Margot. Puis ce jeu de confidence devient vraiment intéressant à partir du premier baiser. On sent une sorte de proximité entre les deux. J'ai trouvé ça très beau. Certes la mise en scène n'a rien d'exceptionnelle mais est parfaitement justifiée. Une mise en scène calme posée, qui laisse le spectateur s'imaginer ce qu'il veut. Pas besoin d'être trop explicite. Juste ce qu'il faut, tel dans un conte.
Ces balades pseudos innocentes je les trouvaient réjouissantes et rafraîchissante, comme un écho à la vie du spectateur. En fait le spectateur c'est un peu Margot elle observe le personnage depuis les débuts, on l'aime et le déteste à la fois, on s'identifie à lui et en même temps on a pas envie d'être comme lui, on trouve ça gênant.
Puis arrive Solenne dans l'équation. On sent bien qu'il n'est pas vraiment à l'aise avec elle, mais que ça n'est pas non plus la mort, qu'ils s'entendent bien. Ces passages sont sympas mais ne sont rien comparé à la relation qu'il a avec Margot que je trouve beaucoup plus touchante. Encore une fois, c'est la vie, l'amie d'une amie… on la rencontre… on s'attire…
Puis vient la fameuse Léna qui comme le pense Margot, le spectateur n'apprécie pas trop, on croit qu'elle prend Gaspard notre bon vieux héros pour un pauvre con naïf, elle semble un peu conne, pour parler crument, au premier abord, et on sent cette gène qu'a Gaspard, il n'est pas non plus totalement à l'aise. C'est les scènes que j'aime le moins, je ne trouve pas du tout ce personnage intéressant, mais c'est fait exprès. Pour qu'on ait cette idée négative du personnage. On se dit à choisir, je prendrai Solenne, qui a l'air nettement plus sûre d'elle, presque trop sûre. Chez léna tout est fait d'ellipse dans ses paroles, elle se fait draguer, on ne sait pas si c'est allé jusqu'au bout… on ne le sent pas vraiment.
Puis vient l'heure du choix… Trois filles, deux qui veulent de lui, et une autre un peu plus intrigante, qui se dit avoir un copain mais qui embrasse quand même notre héros.
Le dénouement deus ex machina viendra résoudre tout ça pour voir un baiser magnifique, que j'ai trouvé très fort, très beau, suivit d'une musique qui pour UNE fois est très bien utilisée, je ne sais pas le nombre de fois où j'ai entendu cette musique qui tombait à plat, mais là, cette musique tombe à pic, pourquoi ? c'est subtile, fin, raffiné, discret, court… On ne s'amuse pas à passer toute la chanson, non juste un petit passage…
Je dois dire que la vie c'est un peu comme ce conte d'été.
Et puis que dire, c'est vraiment bien, si ce n'est que durant tout le film j'ai été gêné, ça ne me l'avait plus fait depuis la sciences des rêves, où je regardai sans cesse l'heure, pour voir combien de temps je devrai supporter mon regard sur l'oeuvre. ça m'a fait la même chose, en peut-être moins fort, mais lorsque j'arrive à m'identifier à un personnage, que je crois savoir ce qui est bon pour lui, et de le voir velléitaire (c'est exactement ça) ça me stresse, car je sais que je serai comme lui si je n'avais pas ce regard extérieur.
Et puis la fin : magnifique.
Vraiment la fin me marque. C'est vraiment très beau, j'aime ça, j'aime cette beauté…