Tiens, je connaissais pas ce poster d'Eye Wide Shut : http://img06.deviantart.net/8213/i/2013/097/2/d/eyes_wide_shut_minimalist_poster_by_tchav-d561yeh.jpg
Bon c'est décidé celui-ci est le prochain sur ma liste des films de Kubrick à voir, du coup ça va faire :
1) Shining
2) Full Métal Jacket
3) Orange Mécanique
4) Eyes Wide Shut
5) ?
Excellent choix tu vas te régaler, c'est le dernier qu'il a réalisé et c'est aussi mon préféré perso je pense. ![]()
Enchaîne avec Barry Lyndon qui est excellent également ![]()
Putain je sors tout juste du visionnage et quel film, quelle force magistrale sur les 15 dernières minutes, c'est du pur génie, Kubrick est un génie. Après genre 10-15 minutes j'ai encore du mal à émerger c'est dire ![]()
https://www.youtube.com/watch?v=PXveCsguOWA
Cette scene, la meilleure ![]()
Le 26 juillet 2017 à 19:15:06 Gloryof a écrit :
https://www.youtube.com/watch?v=PXveCsguOWACette scene, la meilleure
Je confirme, sûrement LA scène qui m'a le plus marqué de tous les temps, cette scène j'ai du la regarder plus de 50 fois et je suis toujours subjugué par le talent de Kubrick et tous les petits détails qui ne sont jamais laissés au hasard, sans compter la musique qui est juste parfaitement choisie.
Étrangement c'est même pas ma scène préférée du film (celle dans le magasin de jouets tout à la fin est d'une maîtrise et d'une force incroyables), mais elle a un côté très chamanique, t'as l'impression comme le personnage de Tom Cruise de vivre un rêve éveillé en la regardant
Définitivement Eyes Wide Shut est le meilleur Kubrick pour moi, c'est un chef d’œuvre hors du temps (alors qu'Orange Mécanique en comparaison, j'ai trouvé qu'il avait pris un petit coup de vieux).
On sait que Kubrick est un grand réalisateur quand il termine sa carrière avec un "fuck".
Sinon, toute la scène de la soirée masquée est à couper le souffle. C'est incroyable.
Eh bien, je crois que je n'ai pas été autant soufflé et parcouru d'un sentiment de malaise palpable indescriptible et profond depuis Salo..
Le site de l'article. ![]()
Sympa. Mais je me demande pourquoi un film conspi comme celui-ci puisse autant être encensé sans que cela ne semble gêner qui que ce soit, surtout vu qu'il balance autant de références à des faits qui semblent réels et dont il a pu être témoin.
Parce que c'est l'inverse. C'est une critique extrêmement fine de la mentalité conspirationniste.
Le 02 septembre 2019 à 00:22:43 Wyerty a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 00:18:07 Polyde a écrit :
Le site de l'article.Sympa. Mais je me demande pourquoi un film conspi comme celui-ci puisse autant être encensé sans que cela ne semble gêner qui que ce soit, surtout vu qu'il balance autant de références à des faits qui semblent réels et dont il a pu être témoin.
Parce que c'est l'inverse. C'est une critique extrêmement fine de la mentalité conspirationniste.
Ah bon? Je n'ai pas du tout compris cela.
Il faut le revoir en ayant bien le titre en tête et le titre du roman original. Et faire attention à tout le processus psychologique qui culmine, notamment dans la fameuse scène d'orgie rituelle. Le film est un tout très cohérent et on s’évertue généralement à isoler la scène en question de tout le reste du film qui parle de relations hommes/femmes, de relations sociales et de toutes les frustrations et humiliations qu'elles engendrent.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nouvelle_r%C3%AAv%C3%A9e
Le 02 septembre 2019 à 00:34:15 Wyerty a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 00:27:36 Polyde a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 00:22:43 Wyerty a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 00:18:07 Polyde a écrit :
Le site de l'article.Sympa. Mais je me demande pourquoi un film conspi comme celui-ci puisse autant être encensé sans que cela ne semble gêner qui que ce soit, surtout vu qu'il balance autant de références à des faits qui semblent réels et dont il a pu être témoin.
Parce que c'est l'inverse. C'est une critique extrêmement fine de la mentalité conspirationniste.
Ah bon? Je n'ai pas du tout compris cela.
Il faut le revoir en ayant bien le titre en tête et le titre du roman original. Et faire attention à tout le processus psychologique qui culmine, notamment dans la fameuse scène d'orgie rituelle. Le film est un tout très cohérent et on s’évertue généralement à isoler la scène en question de tout le reste du film qui parle de relations hommes/femmes, de relations sociales et de toutes les frustrations et humiliations qu'elles engendrent.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nouvelle_r%C3%AAv%C3%A9eBen ça montre surtout que c'est un club très fermé qui en a rien à foutre des gens. La femme qui fait une overdose sauvée par Tom cruise qui ensuite se sacrifie pour le sauver... Le patron du magasin avec sa fille etc... Les mecs bizarres dans le magasin de jouets... etc pour moi ce film est un pamphlet anti FM. Enfin bref, lis l'article qui appuie cette thèse.
Je connais tout ça. C'est bidon. Le symbolisme ésotérique utilisé (et très partiellement compris par les analyses de ce genre) est là pour souligner le message, pas pour être dénoncé ou je ne sais quoi.
L'ésotérisme prétend révéler des vérités difficilement accessibles rationnellement par le biais de symboles et de procédés analogiques. Il révèle en occultant. C'est la méthode que suit Kubrick, le cinéma étant essentiellement visuel il s'y prête parfaitement. Kubrick ne cumule pas toutes ces références juste pour donner une "ambiance" maçonnique qu'il dénoncerait. Il savait évidemment que son film serait pris comme ça et il a été construit pour être un sujet de délire paranoïaque, comme Tom Cruise délire tout le long du film.
L'initié qui a compris ne dénonce pas, il fait de l'art avec ce qui est partout et tout le temps identique et qui ne peut pas être autrement.
"Ce qui fut sera, Ce qui s’est fait se refera, Et il n’y a rien de nouveau sous le soleil." ![]()
A la rigueur tu peux peut-être y voir une critique des élites qui ne valent rien et qui n'ont plus rien dans l'âme (comme dans Barry Lyndon, Les Sentiers de la Gloire ou Spartacus).
Le 02 septembre 2019 à 00:55:27 Wyerty a écrit :
D'accord. Dans la plupart des films anti-conspis, le personnage principal use de son schibboleth pour décoder l'univers et se consume dans sa tâche (Pi, Le Nombre 23 qui sont beaucoup plus subjectivistes et moins subtils que EWS) etc) tandis que Bill Harford demeure assez passif et ne se lancerait pas dans sa quête si il n'avait pas croisé Nightingale par hasard dans le bar.
La quête masochiste démarre au moment où sa femme lui révèle qu'elle a aussi des fantasmes et qu'il n'en fait pas partie. Il va la revoir, elle et leur fille d'ailleurs, sous diverses formes dans toute la première partie du film. Le sommet de l'humiliation étant atteint devant le tribunal improvisé au cœur du fantasme dont "il ne fait pas partie".
Dans cette odyssée entre rêve et réalité, au niveau du Tarot : Tom Cruise représente l'arcane 0, le Mat, "The Fool", le naïf sur la voie de l'initiation. Nightingale est l'arcane I, le Magicien, le maître des illusions. Kidman l'arcane II, la Papesse, celle qui garde les secrets redoutables dans son rouleau. ![]()
Le 02 septembre 2019 à 01:12:50 Wyerty a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 01:02:30 Polyde a écrit :
Le 02 septembre 2019 à 00:55:27 Wyerty a écrit :
D'accord. Dans la plupart des films anti-conspis, le personnage principal use de son schibboleth pour décoder l'univers et se consume dans sa tâche (Pi, Le Nombre 23 qui sont beaucoup plus subjectivistes et moins subtils que EWS) etc) tandis que Bill Harford demeure assez passif et ne se lancerait pas dans sa quête si il n'avait pas croisé Nightingale par hasard dans le bar.La quête masochiste démarre au moment où sa femme lui révèle qu'elle a aussi des fantasmes et qu'il n'en fait pas partie. Il va la revoir, elle et leur fille d'ailleurs, sous diverses formes dans toute la première partie du film. Le sommet de l'humiliation étant atteint devant le tribunal improvisé au cœur du fantasme dont "il ne fait pas partie".
Dans cette odyssée entre rêve et réalité, au niveau du Tarot : Tom Cruise représente l'arcane 0, le Mat, "The Fool", le naïf sur la voie de l'initiation. Nightingale est l'arcane I, le Magicien, le maître des illusions. Kidman l'arcane II, la Papesse, celle qui garde les secrets redoutables dans son rouleau.
Bien que ton analyse soit pas inintéressante, je ne peux être d'accord sur l'hypothese que ce film soit une critique extrêmement fine de la mentalité conspirationniste, tout simplement parce que la scène la plus connue du film est une description franche de la réalité. J'ai moi même été proche involontairement d'une femme dont on avait découvert en faisant du tri chez elle tout une ribambelle de dessins peints par cette femme, la représentant elle et sa fille dans les tenues du film, masque vénitien, cape et canne. Ce folklore gerbant existe vraiment.
Oui ça existe vraiment, mais c'est pas la question. D'ailleurs Kubrick s'est inspiré de la fameuse soirée des Rothschild pour la scène centrale du film, c'est vrai. Mais on oublie que cette soirée et ces costumes ont été conçus par Salvador Dali, célèbre pour sa "méthode paranoïaque critique", et c'est là que voulait en venir Kubrick.
Deux minutes pour comprendre : https://m.ina.fr/video/I00008166/salvador-dali-sa-definition-du-paranoiaque-video.html et aussi : https://www.ina.fr/video/I00008167
Après il suffit de lire le bouquin original ou celui du co-scénariste du film qui raconte sa collaboration avec Kubrick pour comprendre ce qu'a vraiment voulu faire Kubrick avec cette scène. Il s'agit d'une scène d'orgie fantasmatique. Il y a en plus des indices en ce sens comme dans d'autres scènes du film. ![]()
Tiens c'est marrant j'en parlais tout à l'heure de film : https://www.jeuxvideo.com/forums/1-26-9457827-7-0-1-0-l-affaire-dreyfus-roman-polanski.htm
Le 02 septembre 2019 à 00:52:24 Polyde a écrit :
A la rigueur tu peux peut-être y voir une critique des élites qui ne valent rien et qui n'ont plus rien dans l'âme (comme dans Barry Lyndon, Les Sentiers de la Gloire ou Spartacus).
![]()
On peut vite passer pour un illuminé avec ce film car il n'est pas assez réel comparé à un film de Pakula ou de Francesco Rosi mais en même temps pas autant iréel qu'un film comme Suspiria ou pour les pls mauvais goûts Da Vinci Code ![]()
Comme je disais, ca ressemble énormément à ce que faisait Polanski, une sorte de cri d'alerte.
Le 02 septembre 2019 à 01:23:57 JohnMcCabe a écrit :
Tiens c'est marrant j'en parlais tout à l'heure de film : https://www.jeuxvideo.com/forums/1-26-9457827-7-0-1-0-l-affaire-dreyfus-roman-polanski.htmLe 02 septembre 2019 à 00:52:24 Polyde a écrit :
A la rigueur tu peux peut-être y voir une critique des élites qui ne valent rien et qui n'ont plus rien dans l'âme (comme dans Barry Lyndon, Les Sentiers de la Gloire ou Spartacus).
On peut vite passer pour un illuminé avec ce film car il n'est pas assez réel comparé à un film de Pakula ou de Francesco Rosi mais en même temps pas autant iréel qu'un film comme Suspiria ou pour les pls mauvais goûts Da Vinci CodeComme je disais, ca ressemble énormément à ce que faisait Polanski, une sorte de cri d'alerte.
Ah oui clairement EWS ne se passe pas dans le monde réel. C'est une fiction qui mélange le rêve et la réalité pour éclairer la condition humaine qui est au croisement permanent des deux et qui est irreprésentable de façon "documentaire" ou "réaliste". Comme souvent dans ses films d'ailleurs, c'est pour ça qu'à titre d'exemple que la plupart des gens disent que les acteurs chez Kubrick jouent mal ou surjouent, surtout dans Shining. ![]()
D'ailleurs il a tourné les scènes d’extérieurs en studio avec un décor minimal pour accentuer le côté carton-pâte... En fait, EWS est plus proche du Festin Nu et de Mulholland Drive que d’autres films traitant du complot (Blow Out, They Live, Conversation Secrète) mais il y’a une tendance générale à "intentionnaliser" les films de Kubrick.
Le 02 septembre 2019 à 01:30:59 Wyerty a écrit :
Même si le film est une critique du conspirationnisme, les pentagrammes et autres aigles à deux têtes ont une signification bien précise. Que l'on y croit ou non. C'est le principe de la gnose, cela ne veut rien dire pour le profane mais pas pour l'initié (language maçonnique).
Justement non, ils n'ont pas de signification bien précise. Tous les symboles sont ambivalents.
Les deux phrases clé de la dernière scène :
Bill: No dream is ever just a dream.
+
Alice: Fuck.
le thème est celui du fantasme, du rêve sexuel.
Le problème de la lecture conspirationniste c'est qu'elle rate le sujet central du film qui devient une sorte de prétexte auquel il ne faudrait pas s'intéresser. On passe totalement à côté de l'oeuvre. Si message ésotérique il y a, et il y en a, il faut le comprendre comme partie intégrante du thème central traité tout du long.
« Le rêve est à fois la pierre d’angle et le point de fuite de Traumnovelle, un récit dont le titre pose problème dans sa traduction en français. Le substantif composé allemand inscrit bien au cœur de sa morphologie le rêve et son récit dans une association dont la résonance freudienne est immanquable. En anglais, cette traduction est littérale et Traumnovelle devient Dreamstory. Difficile en effet, à la lecture du titre de la nouvelle, de ne pas songer à Die Traumdeutung (L'Interprétation du rêve), dont la structure morphologique est la même. Le texte de Sigmund Freud fut publié en 1900 mais il serait erroné de voir dans le récit de Schnitzler, publié presque un quart de siècle plus tard, quelque tentative d’illustrer les thèses freudiennes. Le rapport des deux hommes était complexe, teinté d’admiration et de rivalité polie, ainsi que l’attestent leurs correspondances »[2].
La traduction de Pierre Deshusses pour les éditions Payot sous le titre « Double rêve » tente de restituer justement au texte de Schnitzler sa nature fluctuante, où rêve et fantasme circulent d’un protagoniste à l’autre ; en effet « dans Traumnovelle, le rêve d’Albertine et le « vécu » pulsionnel de Fridolin se répondent et se redoublent, fragment par fragment, comme dans un kaléidoscope[3]. Il est intéressant de noter qu’à l’origine le titre envisagé par Schnitzler était Doppelnovelle, soit « La nouvelle du double »
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nouvelle_r%C3%AAv%C3%A9e
Connais-toi toi-même est la plus haute initiation. Les plus grands secrets sont intérieurs et leur révelation passe toujours par une quête que le profane pense extérieure, une quête souvent obsessionnelle d'un secret quel qu'il soit, le Graal, le tresor au bout de l'arc en ciel, la sortie du labyrinthe, le centre du complot mondial etc...
Tout l'ésotérisme, le vrai, est là.
D'ailleurs Jung en parle :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ombre_(psychologie_analytique)
" « Le point de départ est simple : la plupart des hommes ignorent leur ombre. […] Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, des fantasmes plus ou moins délirants, ou dans l'entourage. Elle est « les gens », auxquels on prête la bêtise, la cruauté, la couardise qu'il serait tragique de se reconnaître. Elle est tout ce qui déclenche la jalousie, le dégoût, la tendresse1 »
Figuré dans de nombreuses cultures et mythes sous la forme du personnage maléfique, patibulaire mais néanmoins ayant statut de double du héros, représentant le moi, l'ombre se retrouve également dans les rêves, et dans les projections psychiques liées par exemple à la peur de l'autre."
Jung serait parfaitement d'accord avec ça, ainsi que tous les véritables initiés de l'histoire (pas les trifouilleurs de sous-secrets à 3 sous que prennent pour argent comptant les chasseurs de démons modernes).
Mais Jung est un psychotique paranoïaque suffisamment intelligent pour s'être compris lui-même. Il est dès lors fondamental de le lire lorsqu'on a les mêmes penchants.Comme tous les grands mystiques. Et comme le rappelle Dali dans l'entretien posté. ![]()