Moins tendu et moins bien ficelé que le premier mais bien plus surprenant, c´est comme ça que je résumerais Hostel 2 à peu de choses près.
Moins tendu parce que monsieur Eli Roth, conscient qu´on a vu le premier épisode, joue sur notre connaissance de "l´univers" qu´il a crée et il en découle forcément un suspense moindre. On sait que le mec à l´accueil de l´auberge est de mèche donc autant s´en servir pour lancer une des scènes les plus réussies du film (la vente aux enchères), on sait que la fille est une rabatteuse, donc autant la montrer comme telle : antipathique (avec son sourire enjôleur et son air de pas y toucher). Du coup, en sus de l´intrigue classique avec les trois demoiselles, la variation nécessaire vient de l´envers du décors qui nous est ici montré du presque début à la fin. Et là aussi, ça joue sur la tension du film parce que de mystérieuse et mystique, l´organisation devient industrielle est carré, le système est rôdé, on signe des papiers, on enchérit sur son portable, tout est automatisé (portes, caméras), les gardes sont des gros beaufs bandant sur des jantes pour motos, ça perd en fascination morbide ce que ça gagne en relative profondeur. Et c´est là que le film devient surprenant avec l´intrigue parallèle des deux bourreaux d´un soir aussi différents que complémentaires. D´un côté on a trois filles en constant danger dont la vie tient à 3 tapotements de touches, de l´autre 2 mecs s´apprêtant à les massacrer et se comportant comme s´ils allaient à un pique-nique avec le comité d´entreprise. Le côté absurde de la chose est peut-être pas assez poussé et ça manque de liant (là intervient le "moins bien ficelé", dans le premier, tout coulait de source, ça s´enchainait à la perfection, là c´est un tantinet plus laborieux, mais plus ambitieux aussi) mais c´est tellement inattendu qu´on est obligé d´applaudir.
En fait la première chose que je me suis dit au début du film c´est "on dirait vraiment pas un film d´horreur ricain contemporain" et c´est aussi pour ça que j´avais aimé le premier volet sauf que là c´est encore plus flagrant : photo naturaliste sans filtre à la con, musique symphonique allant jusqu´à utiliser des titres classiques pour enrichir le film (pas de metal/rock/hip-hop de mes couilles !) , rythme lancinant, le film prend son temps... c´est plus proche d´Eurociné que d´Hollywood. Et d´ailleurs Hostel 2 est au cinéma rital ce que le premier était au cinéma nippon (la plupart des scènes gores renvoyaient à des plans plus ou moins connus) : un bel hommage.
C´était assez drôle de voir la bande-annonce de Motel avant le film, ils auraient voulu faire un gag qu´ils auraient pas fait mieux.