Un petit rappel. La politique des auteurs, ça consiste à défendre coûte que coûte l´auteur d´un film (son réalisateur). Si un réalisateur est défini comme auteur, tous ses films seront des chef-d´oeuvres, juste parce qu´il est auteur.
A contrario, on dira qu´un film (même excellent) d´un non-auteur sera toujours moins bon qu´un film médiocre d´un auteur.
Vous suivez ?? ?
Je trouve cette politique très réductrice (on ne voit même plus les films, que leurs auteurs). Je crois au coup de génie, même unique, de certains réalisateurs, qui nous pondrons sans qu´on s´y attende une pure merveille.
La problématique majeure, c´est : un auteur peut il faire de mauvais films ?
Perso, je pense que oui... le débat est tout vert.
Un auteur peut faire de mauvais film.
Tout le monde est d´accord.
Ce dont tu parles Drallil, ce sont les effets pervers de la Nouvelle Vague sur une partie très masturbatoire du cinéma français d´aujourd´hui.
La politique des auteurs c´est surtout le fait que le realisateur est l´auteur du film. Ce n´est ni le scenariste, ni le producteur, mais le real.
En tant qu´auteur il doit assumer les films, bons ou mauvais. Il n´a jamais été inscrit nul part qu´un auteur etait forcement bon.
Ce n´est que par la segmentation du marché du cinéma entre cinéma commercial, et cinéma plus intellectuel que s´est fait cette amalgame qu´un film d´auteur est forcement bon, du moins c´est plus une conception du grand public à l´égard; non pas des films; mais des critiques genre cahiers du cinéma, ou inrocks.
avez-vous des exemples ![]()
Bloody Mallory, tres mauvais film d´auteur... lol
que vous le vouliez ou non, chaque realisateurs derriere un projet cinematographique est un auteur, meme brett ratner ![]()
Quand je parlais d´auteurs et de la politique des auteurs, je parlais des auteurs désignés comme tels par les jeunes turcs des Cahiers du cinéma (un peu avant la Nouvelle Vague, comme l´a dit tofraziel).
Un exemple très simple, avec Orson Welles, désigné comme auteur. Les partisans de cette politique diront que le film Le Criminel (bien en dessous de ce qu´a pu réaliser Welles) sera toujours meilleur qu´un chef d´oeuvre de John Huston (car ce dernier n´est pas considéré comme un auteur).
Autre exemple : Jean Becker a été désigné comme auteur (après Le Vieux Fusil je pense), alors pour Godard et cie, son film Ali Baba et les 40 voleurs sera un chef d´oeuvre.
Etrange comme manière de résonner...
Cependant certains realisateur comme hitchcock ou Resnais n´ont que tres rarement ecrit de scenario, il ne sont donc pas au sens littéral les auteurs.
Les cahiers du cinéma n´ont jamais eu d´autre politique que de parler des films qu´ils apprécient.
Il ne faut pas chercher une quelconque objectivité dans leur propos. Les critiques dans les cahiers pouvant tres bien ne pas etre d´accord entre eux.
D´ailleurs de ce qu´on nomme Nouvelle Vague, il est bien difficile de définir cette nouvelle vague, qui n´aura duré que 3ans.
Avec ton message, j´ai plus l´impression que tu n´es pas contre la politique des auteurs, mais contre la perception que t´en donne certains critiques... Bref tu es plus contre les avis des critiques.
Lynch c´est considéré comme du cinéma d´auteur ?
parce qu´à chaque sortie de film, tout le monde crie au génie alors que la plupart des gens ne comprennent rien au film.
l´argument étant "j´ai rien compris donc c´est bien, c´est du génie !"
Pour Lynch, c´est vrai que les avis sont très (trop) partagés. Pour son dernier film, on peut saluer la technique qu´il a mis en oeuvre (filmer en DV), et son montage, qui donnent toute leur force à ses images.
Par contre, la question qu´on peut se poser, c´est : aurait-on aimé si un autre que Lynch l´avait fait ?
Personnellement je ne pense pas. Mais alors, pourquoi personne ne l´a fait ? (avocat du diable...)
Lynch m´embête...
"l´argument étant "j´ai rien compris donc c´est bien, c´est du génie !" "
= n´importe quoi.
heureusement que Drallil relève le niveau ensuite.
sinon pour le débat, je crois que ça risque d´etre légèrement sans fin, c´est un peu comme la notion d´"élitisme", la place du cinéma de genre etc...
le problème est que le cinéma est à l´appréciation de chacun, donc comment trancher ? personne peut dire que tel auteur mérite ou pas sa réputation.
Si objectivement un bon real est un bon real, un mauvais reste un mauvais.
il y a des criteres qui, au délà de la subjectivité, font qu´on peut dire que Uwe Boll, Ed Wood, ou Jean-Marie Pallardy sont de mauvais et meme tres mauvais réalisateurs. Face a des personnes comme Welles ou Eisenstein, à l´inverse géniaux.
La subjectivité fait qu´on va preferer tel ou tel realisateur à tel autre, car un style différents qui correspond plus à ses gouts du moment, et la c´est plus difficilement discutable.
l´inconvénient c´est que beaucoup de gens confondent les criteres de jugement plus objectifs avec leurs subjectivités qui leur font généralement dire "ce film est une merde" plutot que "je déteste ce film". Mais la il s´agit de l´expression d´un dégout qui à l´instar de ceux qui n´aiment pas les epinards, considerent qu´unilatéralement les épinard c´est pas bon
la vache qu´est ce que je cause bien des fois quand meme... on croirait entendre mes anciens profs parmis les plus chiants... lol
C´est donc pourquoi je trouve insencé que des critiques jugent de la sorte. Par contre, j´aimerais bien entendre (ou plutôt lire) les arguments de gens en faveur de cette politique des auteurs, car je suis sûr qu´il en existe !
l´inconvénients c´est que pour toi, la politique des auteurs, n´est que le jugements portés par des critiques sur tel ou tel realisateur.
Ca ne concerne pas le fait que grace à "la nouvelle vague", le cinéma francais a evolué, faisant passer le realisateur de simple artisan à celui d´auteur.
Avant pour devenir real, il fallait passer par des années d´assistanat pour au final devenir realisateur à 40-50ans. Comme une simple promotion si on étais un bon eleve.
Le systeme etait alors complétement dirigés par les producteurs, stars du moment et scenaristes.
le real fermait sa gueule et ne faisait qu´exprimer la vision d´autres. la politique des auteurs est un changement radical, qui fait que désormais un realisateur est maitre de son film, il a obligatoirement le "final cut". là ou aux USA, c´est le producteur qui a tous les droits, il peut détruire un film parce qu´un screen test a été moyen, ou parce qu´il n´aime pas tel ou telle chose. (Brazil de Gilliam, The Keep de Mann, Rollerball de Mc Tiernan, la soif du mal de Welles, etc...)
exemple flagrant un des films phare US de la premiere moitié du XX... Autant en emporte le vent qui a vu se succéder 4 realisateurs... est-ce que pour autant on a l´impression de 4 styles?
En france c´etait la meme chose à quelque exceptions pres, ces Renoir, Vigo, Clair qui fonde une base de cinéma...
Maintenant il y a un gros probleme en france, c´est l´absence de véritable changement dans le cinéma... il a peu changé comme avant ce boulversement des années 60. Qui fait que la derniere heure de gloire du cinéma francais a plus de 40ans... Et qu´on se bouffe de la nouvelle vague à toutes les sauces en fac de ciné.
N´oublions pas que la politique des auteurs a été menée par les instaurateurs de la Nouvelle Vague (Truffaut, Godard, Chabrol, Rivette, Rohmer).
Ces garçons n´ont pas eu envie de passer par l´assistanat, ils ont cherché des fonds ailleurs et ont inventé des procédés pour filmer pour pas cher.
Dans ces conditions, ils méritent d´être les maîtres de leurs films (ce sont eux qui payent), mais qu´en est-il de Hitchcock, ou Hawks, désignés tout de même comme auteurs (ça prouve, soit qu´on peut être auteur à Hollywood, soit que le terme d´auteur ne veut rien dire).
as-tu l´impression d´un style Hitchcock, ou Hawks?
Sais-tu comment travailler hitchcock sur ses films, ne serait que sur Psychose?
les films de Truffaut, Godard et les autres avait un ou plusieurs producteurs, notamment George de Beauregard (à l´exception de Chabrol qui a eu un héritage).
Il est interessant de constater par exemple que la SNC a produit des films de Godard tout en produisant l´antithese de ce cinéma d´auteur, à savoir les gendarme de saint tropez.
Ils n´ont pas inventé au niveau technique quoique ce soit... Tout existait ou est apparu à la meme epoque. Simplement tourner dans la rue à la sauvette avec des camera legeres, ca ne se faisait pas traditionnellement dans le cinéma francais... Par contre dans le cinéma neo-realiste italien, si. De meme que tourner sans de véritable scenario ecrit, sans avoir avant eu une longue experience d´assistanat qui permettait d´obtenir la carte professionnelle de realisateur, offrant la légalité d´un tournage.
Ce n´est pas des invention à proprement parler plus des prises de positions, une affirmation de l´identité... pour autant le systeme ne les considerait pas comme les auteurs de leurs films.
l´effet pervers est qu´on considere désormais que tout realisateur a un statut d´auteur, bon ou mauvais, au dela des critiques type cahiers.
il existe des gens pour considerer que Paul Anderson realisateur de Resident Evil ou Alien Vs predator ou mortal Kombat est un "auteur". En un sens oui, puisqu´il ecrit ses scenarios, mais qualitativement non. Ca ne veut pas dire pour autant qu´il soit un mauvais real...
La question est alors puisque tu t´interroges.
Hitchcock qui n´a pas ecrit bcp de scenario dans sa vie est-il moins un auteur que Anderson. Qui des 2 parait le plus avoir un sens du cinema, un sens de la camera, qui donne matiere à analyse sur les plans, et leur sens.
On est passé d´un statut originel ou l´image cinématographique ne pouvait que servir le texte, au fait que l´image elle-meme pouvait etre un contenu, un sens. Parfois plus important que le texte.
Ca a l´air stupide surtout que la valeur de l´image et du montage (j´accorde personnellement plus de valeur au montage) a été démontré depuis tres longtemps avant les années 60 (Eisenstein, Kouletchov). Mais l´héritage premier du cinéma à savoir le théatre ou la littérature "classique" a confiné l´interet des films dans leurs narrations... Sortis des histoires le style, la maniere de cadrer, de monter, etaient inexploités. Bref un bon film ne pouvait etre qu´une bonne histoire.