Star Trek, c'est ce machin là assez peu médiatisé en France, mais pour lequel une religion fut fondée pour dominer le monde... enfin ça c'est pas moi c'est les livres d'histoires de Futurama qui le disent, mais passons.
Qu'est ce que j'y connais aux séries Star Trek... rien à proprement parler, plus des oui-dire, cela resterait irrecevable devant un tribunal, je vais donc m'attacher à parler de ce que j'ai pu voir au cinéma en ce jour du 5 mai 2009...
Pour ceux qui voudrait un avis court histoire de connaitre la teneur de ce qui va suivre, je dirais pour résumer : Moyen...Très moyen. C'est ce que j'ai pu ressentir en sortant de la salle.
Scénaristiquement, cela tient la route au niveau de l'histoire, qui réussit le tour de passe-passe de s'inscrire à la fois dans la mythologie et la "chronologie" des séries Star Trek (pour ce que j'en connais), et dans le même d'en rejetter tous ses éléments pour proposer ce qu'on pourrait qualifier grossièrement de reboot, comprendre par là que l'histoire qui se déroule ne cherche pas à faire raccord avec le reste. Histoire de ne pas trop en dévoiler, je me tairais sur le pourquoi du comment du bidule truc chouette... Car finalement, c'est plus une bonne idée qu'autre chose.
Ce qui péche dans le scénario c'est sa structure... archi conventionnelle là où l'histoire pouvait offrir quelque chose de moins prévisible, en même temps de part le duo Orci-Kurtzman (The island, MI III, Transformers) le contraire eut été étonnant. On assiste avec une certaine rigueur metronimique à des enchainement entre séquences d'action et de non-action, qui sont là pour lancer des séquences d'action... Incapable de véritablement donner une dimension Space Opéra, on se contentera d'un sous-minimum syndical niveau exploration interplanétaire. Le film a presque fatalement un arrière gout de film de couloir, car évidemment la majorité des scénes se pensent dans l'Enterprise, succession de couloirs pour le haut, succession de tuyaux pour les salles des machines... et dans cette majorité, la plus grande partie des scènes se passeront dans la salle de commande...
Attaquons nous maintenant au casting pour découvrir une brochette d'acteurs moyennement connus et aux interprétations variables... Car si la plupart des membres de l'Enterprise se démerdent pas trop mal (mention spéciale pour pour Karl Urban, que je n'avais pas reconnu, vu les bien 15 kilos qu'il a pris), il n'en va pas de même pour les autres, avec en tête de file Eric Bana balancé grand méchant de l'histoire, aux motivations tragiques, mais qui livre là une de ses plus mauvaises préstations (si c'est pas la plus mauvaise, je n'ai pas vu toute sa filmo), car encombré d'une moitié de maquillage, il ne peux plus vraiment exprimer quelque chose que par sa machoire, qu'il va donc laisser pendre tel un bulldog pour se donner l'apparence du méchant (qui limite bave, on se demanderait presque si Molosse Tannen - je parle bien du personnage-, n'aurait pas été meilleur dans le role)... On pourra également constater la présence de Winona Ryder, non pas à l'écran où elle demeure totalement invisible, mais dans la fiche imdb. Et si ca fait plaisir de retrouver John Cho et surtout Simon Pegg, ce plaisir est évidemment détruit par la VF.
Vous vous dites que j'ai déjà bien démoli le film... et pourtant cet étalage de raté (plus ou moins important) devient presque une qualité, quand on aborde la question de la réalisation de JJ Abrams, car c'est bien là que le film se casse la gueule. Si le réalisateur avait su donner un certain souffle à MI III en lui donnant une esthétique plus télévisuelle, retrouvant là une forme d'essence dans le principe d'adaptation d'une série TV, qui plus est associé à une réalisation qui sans être éblouissante réussissait le pari de ne dynamiser une franchise, bellatrisée, quitte à perdre en lisibilité ce qui peut convenir au genre Action-espionnage... Ici Abrams semble reprendre les mêmes ingrédients mais dans le contexte science fiction, cela se révèle des la première séquence d'une totale exaspérations, ceux qui considèrent que Transformers de Michael Bay est Illisible, risque bien de souffrir devant Star Trek, car toutes les scènes d'actions se révèlent incompréhensible que ce soit les corps à corps filmée par un cadreur parkinsonien adepte du flou, ou que ce soit les combats spaciaux, réalisé par l'infographiste cousin du cadreur et donc (génétique oblige) souffrant aussi de Parkinson... On pourra aussi penser à la séquence bébète de l'espace, donc les seules choses dont on se rappele c'est qu'elle était grande et rose...
On en vient à imaginer (fantasmer) durant la projection de ce que cela aurait donné dans les mains d'un Paul Verhoeven, ou d'un type un minimum plus compétent.
Alors oui, cette critique semble plus tenir du lynchage en règle. mais il demeure que le film n'est pas déplaisant pour autant, ce type de SF est devenu assez peu fréquent, l'histoire est sympathique bien que mal traitée, les FX convaincants... Mais le film est entaché par des défauts qui empèche finalement de se laisser emporter. C'est pas mauvais, mais ce n'est pas bon... c'est juste moyen