Quel agréable revisionnage que celui-ci !
Mes souvenirs étaient extrêmement lointains sur ce film, remontant à début 2007 lors de sa sortie au cinéma. Pour l'anecdote inutile, c'était mon seul et unique visionnage, ne l'ayant jamais revu depuis cette date. Pourtant, et pour ne rien vous cacher, ça faisait bien longtemps que j'avais envie de le revoir, me demandant si j'allais autant l'apprécier que lors de mes jeunes années. Verdict ?
La première chose qui frappe dans Blood Diamond, c'est cette violence palpable, froide et viscérale. Le réalisateur, Edward Zwick, réussit parfaitement, grâce à un vrai savoir faire, à varier entre scènes contemplatives laissant apparaître de magnifiques paysages, et d'autres, filmées caméra à l'épaule témoignant de l'horreur de la guerre. Il est assez facile de faire un lien sur l'inspiration évidente avec cette manière de mettre en scène les divers affrontements du film, et celle de Spielberg dans Il Faut Sauver le Soldat Ryan. Décidément, entre Zwick, Gibson dans son Tu ne Tueras Point, Eastwood dans Mémoires de nos Pères et encore d'autres, beaucoup s'inspirent du génie de cet homme.
Si le film parvient à nous capter tel un moustique attiré par une lumière, c'est en bonne partie grâce à sa photographie irréprochable ainsi qu'aux panoramas à la limite de l'érotisme tant la colorimétrie est pensée intelligemment. Histoire de prolonger les caresses de la longue nuit, ces belles images sont bonifiées par les magnifiques orchestrations de James Newton Howard qui, comme à son habitude, réussit à nous transporter avec des thèmes Africains riches et enivrants. Ces diverses qualités visuelles et auditives permettent aux spectateurs de rendre l'ensemble profondément authentique et se sentir au coeur de cette terrible guerre civile de Sierra Leone.
Niveau casting, les deux acteurs principaux sont irréprochables. DiCaprio, comme à son habitude, joue parfaitement le rôle du salaud sans l'être réellement/totalement, tandis qu'Hounsou possède des silences d'une rare efficacité/beauté. Mention spéciale aux gamins très convaincants rajoutant au réalisme du long-métrage. Le seul petit bémol qui me vient, c'est la prestation de Jennifer Connelly. Décidément, et il n'y a rien à faire, je n'arrive pas à accrocher à cette actrice, elle m'apparaît une nouvelle fois insipide dans un de ses rôles. Hormis dans Un Homme d'exception de Ron Howard, j'ai toujours trouvé son jeu relativement lambda et faisant régulièrement faux.
Après cet aparté des plus obscurs, et même en essayant de chercher des défauts dérangeants, il n'y a pas grand chose de négatif dans Blood Diamond ; peut-être quelques longueurs, ou certaines scènes sorties du contexte à de très rares occasions.
La fin, sans être incroyable, est vraiment touchante et bénéficie d'un vrai segment consistant, en outre, elle n'est pas expédiée et prend son temps. Néanmoins, celle-ci aurait pu être moins prévisible, j'avais littéralement deviné l'entièreté de cette dernière au bout d'une heure, notamment à cause de dialogues insistants sur un point essentiel du récit.
Nonobstant, ce serait bouder son plaisir que de ressasser ces épiphénomènes tant l'oeuvre est qualitative et traite d'un sujet rare/atypique, qui de plus, est véridique et non-édulcoré.
Malgré son semi-échec au Box-Office, n'ayant rapporté "que" 170 millions pour un budget avoisinant les 100, Blood Diamond aura tout de même marqué de son empreinte l'année 2007, ce dernier s'aventurant pourtant sur un terrain glissant et boueux.
À conseiller et saluant l'audace (+ 13 ans) !