Quand j'ai débuté mon visionnage de Sacré Graal, j'ai tout de suite compris que je n'allais pas être client de cet humour. Un humour certes british (et donc inférieur à l'humour français, qui est distingué et qualitatif), mais qui se veut omniprésent. J'entends par là que chaque situation, chaque phrase prononcée, chaque geste effectué, doit susciter le rire.
De quoi en faire pâlir Bergson.
Alors certes, je ne cache pas que j'ai beaucoup rigolé par moment (rien que l'anarcho-syndicalisme se suffit à lui-même) et que le film enchaîne les situations et les passages cultes, à la fois variés et bien pensés.
Le film sait d'ailleurs comment tordre les légendes Arthuriennes.
Mais pour son propre bien, Sacré Graal aurait gagné à se prendre au sérieux, pour faire davantage ressortir le comique de certaines situations, plutôt que de vouloir verser dans le burlesque à chaque fois.
Mais au-delà de l'humour, le spectateur que je suis a assisté à un très bon film. La mise en scène est folle, Sacré Graal est un véritable laboratoire de cinéma, une leçon qui date des années 1970 ! Le film peut passer du comique au cinéma d'horreur (sans pour autant chercher à faire peur, hein) avec une fluidité rarement vue, sans que cela tranche avec l'esthétique globale du film. C'était franchement bien pensé. Le format permet également d'apprécier la beauté des décors, ainsi que les personnages qui évoluent au centre.
Un coup de cœur pour ce film, que je reverrai (assurément) et que je recommande aux amoureux du cinéma !