Revu.
Alors ce qui m'a le plus frappé, c'est d'une part la simplicité du scénario, comment ça réussit à la fois à tenir sur peu de chose et à donner un rythme et deux personnages vivants dans une ville bien aliénée. On voit peu de chose et ça travaille super bien l'extérieur où tu te sens isolé et l'intérieur où tu sens la bulle que chacun se fait. C'est vraiment super bien réalisé, chaque intérieur donne la sensation d'être dans la tête du perso, et c'est discret. Ces séquences-là sont essentiellement construites juste sur les bases de la mise en scène (cadrage simple des persos, évolution théâtrale dans le décor).
L'autre truc, c'est que je me rends compte que je me suis un peu abruti à force de lire par ci par là la soi-disant incapacité du cinéma américain et du Nouvel Hollywood à faire preuve de modération et de modestie.
J'avais souvent vu traîner cette idée comme quoi l'ambition, la démesure et de nihilisme ou tout ce que tu veux s'opposerait au délire de la simplicité. Avec des comparaisons très fines, genre Scorsese vs Ozu.
Merci Macadam Cowboy de me rappeler que cette opposition n'a aucun sens. J'ai eu l'impression de revoir autant un film léger qu'un film puissant.
La seule chose dont je suis un peu moins fan, c'est certains moments du jeu de Dustin Hoffman qui est complètement dans le ton du film, mais qui réclame un peu trop l'oscar pour ça. Dès qu'il part dans ses plus grands moments d'acting, je trouve que ça peut nuire un peu à la complicité entre les deux personnages, comme s'il y en avait que pour lui. Mais après ça se rattrape bien.
Message édité le 29 avril 2020 à 22:00:08 par AllSunny