La seule chose que je reproche à New York 1997 c'est d'être trop efficace, trop concis. J'aurais bien voulu rester une grosse demi-heure supplémentaire dans cet univers post-apocalyptique. Je n'étais manifestement pas le seul, vu que Carpenter, suite à l’engouement du public, a décidé de réaliser un nouveau film, 15 ans plus tard. Cependant, il ne s'est pas privé pour jouer avec les codes de la suite et du remake : Los Angeles 2013 est en tout point le reflet de son aîné.
En effet, les deux films partagent la même structure scénaristique, et les péripéties restent très similaires. Carpenter s'amuse avec ces ressemblances en proposant des éléments scénaristiques ou visuels faisant directement référence au premier opus, de manière détournée. Des éléments qui étaient sérieux deviennent alors comiques, et vice-versa. Par exemple, la personne a retrouver n'est plus le président mais sa fille, Utopia (quel nom génial !), qui a organisé un attentat pour s'opposer au gouvernement très puritain en vigueur.
Ces renvois constant à des choses extérieures au film donnent un côté très méta à l'ensemble, que le réalisateur exploite pour constituer un message implicite sur le monde hollywoodien (ce n'est pas pour rien que l'action se déroule à Los Angeles). Le long-métrage travaille les thèmes de l'apparence et de la copie (bien aidés par le déroulement du scénario) qui reviennent régulièrement sous plusieurs formes. L'apogée de ce sous-texte est bien évidemment la scène avec Bruce Campbell, une critique virulente du système dont Carpenter a souvent été écarté. L'aspect méta de l’œuvre se retrouve aussi dans quelques gags biens sentis, comme la reprise du logo Paramount ou l'attaque du requin des studios Universal. On peut également noter que le film se moque gentiment de la culture californienne à plusieurs moments, comme la scène du surf ou la rencontre avec le personnage travesti (qui renvoie directement aux thèmes susmentionnés).
J'avais peur qu'avec de telles idées Carpenter fasse un film incapable d'exister seul. Finalement, Los Angeles 2013 arrive à créer sa propre atmosphère, plus typée "caravane dans le désert", ce qui le rend tout à fait appréciable pour lui-même. Mais le discours du film prend bien évidemment toute sa saveur lorsqu'il s'inscrit dans la continuité du premier film. Ainsi, pour découvrir le personnage de Snake Plissken, il vaut mieux voir New York 1997, mais ne faites pas l'erreur de sous-estimer sa suite.
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