Oui, très bon film. ![]()
Ahah, énorme ce film.
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J'aime comme le personnage de Neill refuse de croire à cette théorie que ce qui est écrit dans le bouquin est vrai, et pis quand ça commence à mal tourner, et qu'il va chercher la vieille qu'il traitait alors jusque là avec le plus grand égard, on sent qu'il commence à être un peu stressé, et en la cherchant il lâche un "Come on you old bitch !", énorme ^^
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Tu l'avais jamais vu avant tauruxbis ?
Nope, on peut pas avoir tout vu ^^ (j'en suis qu'à environ 1500 films vu, ce qui n'est qu'une fraction de tout ce que je veux voir).
Ah non mais c'est que j'en étais persuadé c'est pour ça ! ![]()
Je le remate, tout simplement excellent, peut être le meilleur film de carpenter.
Je confirme, chef d'oeuvre
Carpenter ![]()
Allez un gros up pour donner mon avis sur ce film vu à l'instant.
Et que dire sur ce film ? Pour commencer, Sam Neill au top, un John Glover marquant malgré le peu d'apparition (logique), et tous les autres s'en sortent à merveille.
Un scénario intelligent, qui s'inspire de Stephen King (il m'a fait penser à La Part des Ténèbres il me semble que c'est le titre, avec un écrivain et son double maléfique), et évidemment à l'univers Lovecraftien. Ce film possède une ambiance hallucinante, c'est complètement craqué, malsain, fou.
Une giga méga baffe pour moi, qui conclu la "Trilogie de l'Apocalypse" de Carpenter à merveille, un véritable Chef d'Oeuvre.
Du coup, In The Mouth of Madness est mon film préféré de Carpenter, juste avant The Thing. Il me tarde de voir Escape from LA, suivi de Vampires (mais je l'ai déjà vu étant petit, j'ai peu de souvenir, seulement qu'il m'a marqué lors de certains passages).
Je recommencerai par celui-ci d'ailleurs !
J'ai vu ce film qui m'a bien plu d'un point de vue thématique, j'ai donc décidé d'en faire une analyse en profondeur, le texte qui suit contient de nombreux spoilers malheureusement indispensable à mon développement, donc ne lisez pas sans avoir vu le film.
Après avoir vu ce film je me suis mis à réfléchir sur ce qu'était le vrai cinéma horrifique, le fantastique dérangeant, ce qui nous questionne en abordant des recoins sombres de notre personnalité.
Voici ce qu'on peut appeler du cinéma horrifique, pas un simple film d'horreur ou d'épouvante non, c'est plus que ça, du très grand cinéma, brut dans sa forme la plus pur, dérangeant et volontairement malsain, sans artifices inutiles et presque sans effets spéciaux. Au jour d'aujourd'hui on peut se demander ce que recherche exactement une personne qui produit un film d'horreur, on veut nous faire sauter sur notre siège (ou notre sofa), on veut nous montrer du gore? c'est pour le cinéma comique ça voyons.
Pour moi l'antre de la Folie représente ce que devrait être tout film d'horreur, non pas un film qui veut nous faire peur par la vue d'image immondes ou par des jump-scares débiles, mais bien un film qui recherche nos peurs enfouies, qui joue sur le non-dit et l'incompréhension, qui nous oblige à réfléchir et utilise la confusion comme une source d'angoisse
C'est pourquoi j'avais flippé comme un con devant Inland Empire d'ailleurs
L'antre de la folie est un film sur la fiction elle-même, la fiction d'une contagion, la fiction comme une intelligence artificielle, la fiction qui se rend réelle. C'est est une des rares films à mériter la description "d'hyper-Horror". Il s'agit d'un film qui n'est en aucun cas une parodie ou un pastiche d'épouvante. Bien au contraire, l'intelligence de ce film est le fait qu'il exploite les conventions, les dogmes du genre, qu'il insère dans sa diégèse pour les amplifier, au lieu de les brider, ce qui augmente les sentiments de crainte et d'inquiétude.
C'est un film qui perçoit et traite de manière récursive sa propre programmation, sans chercher à se transcender. L'antre de la folie reprend tous les thèmes familiers de Baudrillard, en particulier l'idée de la fiction envahissant et détruisant le réel mais il le fait plus dans un esprit de matérialisme gothique que dans les termes mélancoliques de Baudrillard.
Il s'agit d'une redescription filmée de l'oeuvre de Lovecraft, dérivant de l'horreur pure pour partir sur les thèmes du capitalisme et de la schizophrénie.
Le film débute avec une histoire de romans d'horreur produits en masse, c'est un film sur les manies, sur les quantités fictives qui minent le principe de réalité. L'anti-héros du film est John Trent, un assureur. Trent est embauché par une société d'édition pour enquêter sur la disparition de leur romancier à succès, l'écrivain d'horreur Sutter Cane. Trent est averti d'une chose qu'il va considérer comme une exagération publicitaire: la lecture du travail de Cane a un effet puissant, déstabilisateur sur certains lecteurs, les rendant fous pour certains. Mais, méprisant le genre de l'horreur et confiant dans sa propre subjectivité (Je contrôle ma vie, personne ne me tire les ficelles), Trent rit de cette nouvelle, qui s'apparente plus à un bluff grotesque.
Suite à une série d'indices, Trent est mené sur la ville de Hobb's End: une ville qui apparait dans la dernière fiction de Cane, et qui supposément est une ville qui n'existe pas réellement. Naturellement, Trent va immédiatement penser qu'il a été engagé dans le cadre d'un coup de publicité: La disparition de Cane serait une fausse rumeur, et la soi-disant ville aurait été montée de toute pièce dans le cadre d'une simulation particulièrement élaborée. Mais il apprend plus tard que la disparition de Cane avait été réellement préparée, cependant les événements ultérieurs auraient échappés à tout contrôle. Des aspects du livre de Cane ont commencé à devenir réels. Pendant ce temps, la communauté des lecteurs de Cane est de plus en proie à une folie, se transformant peu à peu en monstres avides de prose et envahissant les librairies de façon sauvage, les transformant en zones d'émeutes. Trent, quant à lui, devient sujet à des pépins étranges dans l'espace et le temps, et perd de plus en plus son emprise sur la réalité. Le film prend une dimension schizophrène quand il rencontre Cane, qui lui dit qu'il est simplement un personnage dans le nouveau roman qu'il écrit, intitulé, bien sûr, Dans l'antre de la Folie (Cane à Trent: "Je pense donc vous êtes"). En fin de compte, Trent finit incarcéré dans un asile, ne cherchant plus à se maintenir à un solide sens de la réalité, ne cherchant plus non plus la vérité derrière les apparences, et ni visant plus à distinguer l'imaginaire du réel.
Cane est un romancier d'horreur composite: les initiales SC rappellent le SK de Stephen King, tout ce que nous entendons de Cane, dans la prose, dans le thème et le style ressemble beaucoup à du Lovecraft. Dans un style exagéré, généralement Lovecraftien, Cane invoque le retour des Anciens que Lovecraft avait continuellement prédit. Comme avec Lovecraft, l'horreur de Cane ne réside pas tant dans la rencontre empirique des abominations impies, que dans le traumatisme transcendantal que ces rencontres produisent: face à ces anomalies, il devient impossible de garder un sens stable de la réalité. L'Horreur, à ce moment-là, ne peut pas être dissociée de la schizophrénie. Mais ce que Cane ajoute à Lovecraft est un accent sur le rôle de l'horreur de fiction comme un agent de ce processus. Les romans de Cane, comme il l'explique à Trent, constituent une condition nécessaire à l'assouplissement des frontières entre la fiction et le réel pour permettre aux anciens de revenir. Cane se voit comme un engrenage d'un processus impersonnel. Il s'agit simplement d'un conduit par lequel les Anciens peuvent passer. Les Anciens se révèlent être des muses manipulatrices, en donnant à Cane l'inspiration, en parlant à travers sa main, et en lui donnant le pouvoir de rendre la fiction réelle.
Une boucle étrange se met en place à ce moment-là. On comprend que les anciens ne sont pas simplement présents à l'intérieur des textes de Cane, mais qu'ils en sont en fait la cause. Secrètement ce sont eux qui se cachent derrière la fiction, Cane n'est qu'un instrument, une main mettant sur papier les pensées de ces entités. Et leur ligne de vol est constituée précisément par une fiction devenant réelle.
Voulez-vous connaître le problème avec la religion? Demande Cane à Trent. La Religion cherche la discipline par la peur. Les gens n'y ont jamais cru assez pour le rendre réel. On ne peux pas en dire autant de mes oeuvres. Lorsque Trent affirme qu'une fiction ne peut pas inciter les gens à changer de mentalité de telle manière, Cane souligne que ses livres se sont vendus à plus d'un milliard d'exemplaires. Ils ont été traduit en dix-huit langues. Les gens croient plus à son travail qu'à la Bible elle-même.
C'est ce qui compte, dit Trent, la croyance. Dans un sens, cependant, l'accent mis sur les lieux de croyance nous ramène à une économie que les romans de Cane ont démantelé, car il semble que le processus de fiction devenant réel dépend plus de la "hype" que de la croyance. Les anciens reviendront en ce monde, émergeant uniquement quand l'image humaine de la réalité se sera effondrée.
Le sens de la croyance de Cane a une orientation particulière, qui tend vers une équation avec la "hype". C'est la croyance en un cybernétique actif, cette croyance se réfère à d'autres croyance et désirs qui sont à la base de toute société.
Comme chez Deleuze-Guattari, L'antre de la Folie participe à une hyperfictionnalisation de Lovecraft. Le traitement de Lovecraft est utilisé comme une autorité ou une source (plutôt que simplement comme un texte littéraire qui ferait l'objet de lectures). Le traitement de certaines formulations de Lovecraft, dans le film de Carpenter, va au-delà de sa formulation textuelle de base.
le Necronomicon, un travail de fiction écrit par Lovecraft, a néanmoins été traité comme s'il s'agissait d'un sujet réel. L'antre de la folie soulève la possibilité que, même si Lovecraft pensait qu'il faisait le Necronomicon tel qu'il le pensait, comme une oeuvre de fiction, le texte pourrait être vrai. Peut-être que le Necronomicon n'est pas un sujet à part entière, mais un assemblage de plusieurs oeuvres de Lovecraft
Comme Videodrome, l'antre de la folie peut être considéré en partie comme une parodie de ce que disent les offices de censure: l'Horreur va pourrir votre cerveau. Et il souligne les circuits économiques massifs et autonomes, qui pullulent autour de certains romanciers d'horreur. L'échelle quantitative assez considérable de la consommation de travaux de Cane est immédiatement devenue un fait social, Les processus gothiques du capitalisme (son modèles de propagation) sont mis à nu dans les romans dont les ventes s’auto-accélèrent par ce processus. Le film entier est bâti sur ce principe de boucle (ou cercle vicieux), il s'enlise dans sa propre schizophrénie, et va aussi loin qu'il peut aller, se refermant sur lui-même, comme un serpent se mordant la queue.
Le film est présenté comme une promotion des romans de Cane, mais lorsque nous-mêmes quittons le cinéma, nous ne pouvons pas acheter les romans de Sutter Cane comme nous pourrions acheter des Transformers, il s'agit d'une simple convention qui nous maintient, nous, simple spectateur, dans la pensée que le réel l'est vraiment, que nous ne vivons pas une fiction. C'est pourquoi l'antre de la folie demeure "uniquement" une simple (mais superbe) parabole matérialiste.
Voilà ![]()
J'ai dévoré ton pavé, c'est passionnant !
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Ca m'avait l'air un peu brouillon, mais en fait ça va ![]()
Vivement la sortie en blu ray de cette tuerie en octobre 2013.
J'ose le dire, le meilleur film de carpenter.
Je comprends à peine comment j'ai pu ne pas le voir jusqu'ici. Bonne nouvelle pour la version BR, ça m'évitera de prendre le dvd.
Heu, il est dispo non en bluray ? J'ai un... fichier en haute résolution qui traîne quelque part
L'image est granuleuse par contre mais bon c'est propre quoi ![]()
Pour le bon pavé plus haut, au sujet du Necronomicon.
Lovecraft ne l'a jamais écrit en tant que tel, mais l'a mentionné dans plusieurs de ses nouvelles, comme s'il existait effectivement.
Le livre en entier, inspiré de Lovecraft, est sorti dans une première édition en 1979. Mais c'est évidemment avant tout un hommage à Lovecraft, et un "companion" à sa lecture.
"Le livre en entier, inspiré de Lovecraft, est sorti dans une première édition en 1979. Mais c'est évidemment avant tout un hommage à Lovecraft, et un "companion" à sa lecture. "
Y en a eu plusieurs d'ailleurs
Je me demande lequel se rapproche le plus de l’œuvre de HPL d'ailleurs. Même si des fois j'ai bien envie de croire à une "original", vraiment écrit par un Arabe fou, ça fait assez rêver au fond
EviIman Voir le profil de EviIman
Posté le 3 août 2013 à 22:18:47 Avertir un administrateur
Heu, il est dispo non en bluray ?
Rien trouvé sur amazon. Peut être que ton fichier est un rip d'un dvd avec upscale pour qu'il soit en résolution hd, mais je reste hypothétique.
En effet je me suis peut-être un peu mal exprimé:
"le Necronomicon, un travail de fiction écrit par Lovecraft, a néanmoins été traité comme s'il s'agissait d'un sujet réel."
en fait par la je souligne que le Necronomicon est bien une fiction imaginée par Lovecraft et non pas un livre DE fiction
, en effet c'était pas clair
D'ailleurs je rejoins ce que tu dis ici: "Peut-être que le Necronomicon n'est pas un sujet à part entière, mais un assemblage de plusieurs oeuvres de Lovecraft"
Heu, je crois qu'il y a comme des quiproquos là, le Necronomicon est supposément un manuel de magie noire, oui, il est fictif. Mais à ma connaissance, HPL ne l'a pas écrit, ceux qui sont parus plus tard son sensé émuler un supposément véritable nécronomicon (selon l’œuvre de HPL, donc émuler ce qu'il aurait été si il avait été effectivement écrit par HPL).
Trêve de HS, j'ai vu le film. Terrible, juste terrible (le bon sens du terme). Je dois avouer que le doublage français était médiocre, vraiment dommage pour un film avec Sam Neill et Charlton Heston, où on sent qu'il y a eu un véritable effort de la part de Neill à la base. Mais "l'esprit Lovecraft" a été si remarquablement bien recréé par Carpenter qu'il m'était impossible de décrocher. Et puis ce scénario totalement impensable. En lançant le film, je me suis dit "ok, on sait très bien que John Trent=Sutter Cane, c'est prévisible quoi...". Et non. C'est de l'horreur sur le forme, mais sur le fond, c'est un vrai jeu avec le spectateur, très convaincant. J'étais forcé de tirer une énorme tête de
à la fin du film. Et puis la musique (excellente au passage) très Heavy Metal/rock'n'roll donne bien le ton du film, mais comme pour un thriller, ça nous perturbe, on ne sait pas comment prendre ça, et au final, on oublie. Au terme du film, on se dit "bordel, mais oui, c'était du troll cinématographique." Remarquable en tout cas. Et pas un n-ième teen movie horrifique à deux balles avec beaucoup de gore pour rien, comme on en faisait beaucoup à l'époque, et jusqu'aujourd'hui.