J'ai vu y a quelques temps la série Netflix " Le Cabinet des Curiosités ", avec ce souhait de découvrir des moyens métrages qui respiraient l'esprit Lovecraft. Au final, la série était profondément anecdotique, oubliable une fois consommée, avec des épisodes pouvant passer du médiocre au bon, sans pour autant marquer les esprits.
Parce qu'adapter du Lovecraft à l'écran, c'est toujours un sacré travail d'équilibriste, parce qu'il faut montrer sans montrer, faire ressentir sans forcer sur les émotions, c'est pas évident. La plupart du temps, ça donne des tentatives ratées qui ne vont contenter que la masse à l'esprit ramolli.
Puis je me suis souvenu qu'un Carpenter trainait dans ma liste de films à voir. C'était justement l'Antre de la Folie !
Au début, j'étais content, je découvre Sam Neill dans un rôle différent de celui du Professeur Alan Grant (ou du flic dans Peaky Blinders, maintenant que j'y pense), le film me fait comprendre qu'on va également parler de littérature, de magouilles à l'assurance. Le cadre est posé, la caméra est maîtrisée, le sujet est lancé.
Puis les codes de la réalité, du rationnel, commencent à se tordre, légèrement. On comprend, en même temps que les personnages, que quelque chose cloche. Que ça ne tourne pas rond. Les incohérences s'enchaînent sans parvenir à comprendre la logique derrière.
Puis l'Antre de la Folie bascule dans la folie, à tel point qu'il devient très vite difficile de distinguer ce qui est réel de ce qui ne l'est pas. La frontière devient tellement flou que le personnage de Sam Neill, pourtant présenté comme un esprit rationnel, chute à son tour. En même temps que le spectateur.
Un véritable bijoux de cinéma, qui utilise son thème pour nous proposer une mise en scène visuelle, qui nous fait autant voir que ressentir la folie qui en émane. C'était brillant, je pensais pas voir un film qui allait se rapprocher, qualitativement parlant, autant de The Thing.
Un très grand film d'horreur, osons les mots.
Mon seul regret, c'est quand Carpenter cède à la tentation en nous montrant, même brièvement, certains monstres, ou en en faisant parler d'autres. C'est déjà trop, ça casse tout le mystère qui les entoure. Mais bon, ce ne sont que de rares erreurs disséminées à quelques endroits du film, rien qui ne vienne entacher réellement sa qualité.
PS : Maintenant que j'y pense, j'ai aussi Invasion Los Angeles à regarder... !