Après mon importante et totale déception personnelle du premier épisode de la saga "Batman : Begins", transposition moderne pour ma part raté et bâclé du super-héros de la gamme "DC Comics", je n'attendais objectivement rien de bon après l'annonce du second épisode, "The Dark Knight", malgré l'attente évidente des fanatiques du premier opus.
Finalement, acte incompréhensible pour ma part que j'entame : j'achète un ticket d'entrée pour aller voir ce film, ou plutôt, cette oeuvre, et quelle oeuvre, désormais. Et je tiens à vous signaler que je ne suis absolument pas déçu, voir très surpris.
Les perdants magnifiques. Voila comme définir implacablement cette oeuvre. Dans ce film, nous sommes les spectateurs intimistes, remarqués et pervers de ces personnages marionnettes pittoresques, impuissants, voir schizophrènes et épileptiques. Affaiblis par leurs responsabilités et dévorés par leur pouvoir empirant et affolant, sorte de modernisation du mythe de Frankenstein par la machine se retournant contre son créateur, illustré par la noirceur d'un Frank Miller et doublé par la puissance diabolique d'un Shakespeare.
La face cachée de la lune. "The Dark Knight" comme "The Dark Side of The Moon", le voyeurisme interdit du système. Vision pessimiste et réaliste de la société américaine actuelle, ce film presque politique et mélancolique demeure limite comme une illustration d'un futur proche post-apocalyptique et post-11 septembre. Symbolique et intelligent, cette oeuvre comme l'une des meilleures adaptations cinématographique d'un comic-book.
En mémoire surtout à Heath Ledger, absolument parfait dans son rôle.