Visionnage de Kingdom Of Heaven dans sa version longue.
Dans un premier temps, et comme à son habitude, Ridley réussit parfaitement à nous plonger dans cette épopée historique, grâce notamment aux décors/costumes somptueux et son savoir-faire en matière de plans picturaux, sans oublier une maîtrise du gigantisme/grandiose qui en impose. Pour accompagner cette réussite visuelle, les mélodies réussissent à donner un vrai sens épique/tragique à l'ensemble.
Le casting est quant à lui vraiment efficace, avec un Saladin charismatique et un Baudouin d'une vraie noblesse malgré sa maladie, dégageant même une forme de beauté. Sibylle, interprétée par Eva Green, est également juste dans son rôle, jouant un côté énigmatique qui sied parfaitement à l'actrice, tandis qu'Orlando Bloom tient certainement la meilleure prestation de sa carrière. Sans être transcendant, il réussit néanmoins à nous toucher avec un jeu subtil. De plus, il correspond bien aux critères de ce chevalier "parfait", avec cette humanité qui se dégage de lui, humanité qui est justement le message que Kingdom Of Heaven a voulu nous transmettre.
Car oui, ce qui est intéressant, c'est la volonté qu'a le film de nous montrer la bêtise de la guerre : tous ces morts pour quoi ? Pour qui ? Dieu.... ? Peut-être faudrait-il arrêter de parler en son nom et être tout simplement des humains, au lieu de s'en servir comme d'une "approbation" aux actes barbares qui ne sont finalement que pour attiser sa propre vanité ou étendre sa domination !
C'est là où le film est intelligent, et à cause de ça qu'il n'a pas trouvé son public à mon sens, c'est plus une œuvre sur le fond de la guerre que sur la forme, surtout dans sa version longue. D'ailleurs, et même si certains personnages peuvent ressembler à des caricatures, on peut voir que le film n'est pas manichéen, il montre que des deux côtés se trouvent de bonnes et de mauvaises personnes.
Il est vivement conseillé de voir la director's cut pour pleinement profiter de la vision de Scott, cette dernière améliorant grandement l'ensemble en développant le personnage de Sibylle et en ajoutant la relation tragique avec son fils. De plus, des ajouts non négligeables sur Balian permettent de mieux cerner le personnage et ses motivations.
S'il est vrai que certains passages peuvent paraître indigestes/longuets, que certains choix sont discutables, comme l'utilisation de ralentis ou quelques transitions trop rapides, il serait dommageable de ne pas savoir apprécier le boulot général autour de ce film. Des oeuvres aussi riches sont très rares de nos jours !
Je précise pour ceux qui aiment ou sont intéressés par ce film, que la version blu-ray : Director's Cut bénéficie de près de 5 heures de bonus qui sont vraiment intéressants 