Egalement surpris par l'arythmie du film, j'ai néanmoins été très touché par le personnage, son passé et son âme qui ressortent malgré une histoire courte.
Les pensées dites d'une traite comme dans la réalité lorsque l'on réfléchit rapidement ça fait un effet prenant et qui a parfaitement fonctionné sur moi.
J'ai trouvé que c'était un très bon film sur l'existence, au sens d'action. Le fait d'agir, de faire des choix, de trancher entre une décision et une autre. Le scénario complètement imprévisible car au final assez banal dans sert parfaitement la description de la vie tartinée (c'est le mot qui me vient à l'esprit) du personnage d'Edouard/Charlie. Tartinée, ou parachutée, on sent que rien n'est sous controle.
Comme si vous décidiez soudainement d'aller séduire une inconnue, que ça fonctionnait, et que votre destin changeait littéralement. Son destin est le jouet des évènements, comme tous les destins, seulement avec la vision de son existence qu'offre le film, je l'ai ressenti comme jamais auparavant.
J'ai trouvé ce film très beau. Le regard détaché, timide d'Edouard/Charlie, accompagné de sa pensée en audio a participé à mon identification au personnage, lorsque je rejoue en mémoire mes erreurs passées. Comme s'il était spectateur de sa propre dérive. On sent qu'il ne maitrise rien et qu'il en a parfaitement conscience. Seulement il ne fait rien.
La fin m'a particulièrement plu, ce côté fataliste, le retour au clavier, pratiquement dans la même posture qu'au départ, c'était une splendide conclusion. Plus le thème au piano, qui même si je l'ai oublié, a eu un effet plus que pertinent dans la scène en question et tout au long du film.
Oui.