Dans le désordre, sauf le premier:
Werner Herzog
J'ai une admiration totale pour ce réalisateur. Déjà il a réalisé mon film préféré:Fitzcarraldo, une gigantesque métaphore hypnotique sur la volonté folle d'un rêveur dément. C'est le cinéaste de la folie, de la démesure émotionnelle. Tous ses films sont fascinants, et il a su se renouveler au cours de sa carrière, de ses collaborations dantesques avec l'immense Kinski à ses dernières productions, notamment ses documentaires (Grizzly Man est excellent par exemple). Et en plus, c'est un très bon acteur (génial dans Julien Donkey-Boy), que demande le peuple?
Michelangelo Antonioni
J'y suis (étrangement) venu très tôt et le Désert Rouge a été l'un de mes premiers grands amours cinématographiques (ça l'est encore et ça le sera toujours). Un cinéaste fascinant, incroyablement moderne, en réflexion constante sur l'image et dont on ressent l'influence dans bons nombres de films contemporains. J'apprécie particulièrement son cinéma parce que ses films respectent totalement l'intégrité intellectuelle du spectateur: on te donne des images, tu t'y perds, à toi de trouver quoi en penser, d'en déduire le sens profond. C'est un cinéma loin d'être "chiant" mais plutôt ouvert sur le monde et respectueux du spectateur.
Béla Tarr
Le maître du plan séquence et fils dépressif de Tarkovski. Ses films sont d'une splendeur visuelle totale. Ce que j'aime chez Tarr, c'est ce mysticisme latent qui vient superposer une impression de véracité qui sort directement des longs plans séquences où s'agitent des personnages en lente décomposition. Et puis, comme chez Antonioni, on ressent un respect du spectateur et l'envie de lui faire vivre une expérience sensorielle et esthétique hors du commun.
Luchino Visconti
Plus j'explore sa filmo, plus je tombe en pâmoison devant le génie de ce réal. C'est une sorte de grand peintre décadent, qui met en exergue des personnages fascinants incarnés par des acteurs déments (Burt Lancaster, Helmut Berger...). De ses grandes fresques comme Rocco et ses frères ou Ludwig à l'hypnotique et sublime Mort à Venise en passant par le chef d'oeuvre intimiste et subversif Violence et Passion ou le magnifique et émouvant Nuits Blanches, j'aime tout ce que j'ai vu de lui!
David Lynch
Mon réal américain préféré! Que dire qui n'a pas été dit sur ce formaliste hors pair? Comme tant d'autres Mulholland Drive m'a fasciné, et c'est un de mes films préférés. J'apprécie sa vision très sensorielle du cinéma, l'atmosphère dérangeante et mystérieuse qui parcourt tous ses films, de Eraserhead à Inland Empire (que j'aime un peu moins) et le doux parfum de subversion qui fait toute la saveur de ses chefs d'œuvres.