Ba c'est justement cette (apparente) simplicité dans le scénario qui fait de ce film une grande réussite. Le film se base, une fois n'est pas coutume, surt un livre prééxistant, donc sa forme a été en quelque sorte dictée par lui. Mais ce qui se cache derrière un scénario dont l'histoire se résume très rapidement, c'est une relecture du mythe américain, avec une bonne dose de critique. En effet le personnage de Tommy Lee Jones est complètement dépassé, et représente le cow-boy des westerns classiques en quelque sorte. Donc un personnage qui ne comprend rien à toute cette violence. A côté un brave gars (Josh Brolin) qui a une vie qu'on devine minable et qui alors que la chance semble lui sourire ne fait que mettre l'engrenage dans un système de violence qui va l'engloutir comme tous ceux qui se seront trouvés jusqu'alors sur son passage (les mexicains du deal foiré, le concierge d'hotel, Woody Harrelson et son boss etc.). Qui en est l'exécuteur? Simplement une figure métaphorique (et non pas un terminator...) incarnée par Bardem, sorte de démon qui m'a rappelé celui incarné par Goodman dans Barton Fink.
Donc derrière cette simplicité apparente se cache un second niveau de lecture bien plus riche. Ce serait bête de n'y voir qu'une course-poursuite sans rien de plus: c'est qu'on est passé à côté du sens du film. Qui plus est la mise en scène est grandiose, rien que le fait que le tueur et le chassé ne se rencontre jamais est une très bonne idée de mise en scène, cristallisée par les deux séquences du motel et celle de l'hôtel.
C'est un film important dans la filmo des frères Coen, car ça représente une sorte d'aboutissement de leur cinéma à son meilleur niveau, c'est-à-dire le polar noir d'un Fargo ou The Barber ou la satire sombre d'un Barton Fink.
Voilà ma réponse à ceux qui croient que parce qu'on aime ce film sans en expliquer le pourquoi, on s'aligne sur l'avis de la presse par facilité...