Je viens de revoir ce film, environ 6 ans après ma première vision et quelle claque !
Après la relative déception que fut La Dame de Shanghai (mise en scène un peu trop sage, scénario ne se démarquant pas assez de son genre) j'appréhendais un peu ce film que je savais être du même genre (film noir). D'ailleurs le film ne m'a pas captivé d'entrée, surtout à cause du personnage du méchant mexicain, Joe Grandi, qui est assez grotesque et gâche un peu l'ambiance du film. Fort heureusement on le voit de moins en moins par la suite.
A part ça la mise en scène chaotique de Welles, ultra expérimentale pour l'époque est un tour de force incroyable. Le travail sur les cadres, la lumière, le montage et le son est phénoménal.
L'interprétation de Welles est bluffante, il possède une présence hors normes, il écrase tout le monde. Heston et Leigh ne sont pas en reste, mais impossible de rivaliser.
Les scènes d'anthologie s'enchainent (parfois Welles n'a besoin que d'un plan, voir scène d'ouverture) la scène du meurtre est mémorable, d'une violence rare et toute la fin est grandiose.
Welles, au travers d'un film noir à l'intrigue finalement anecdotique s'intéresse à ses personnages atypiques et communs, comme le résume bien la dernière magnifique tirade du film énoncée par Marlene Dietrich : "he was some kind of a man". Et traite de l'ambiguïté de la différenciation entre le bien et le mal, entre la justice et la vérité.
Ici il n'y a pas que la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique qui est facile à franchir.
Quinlan: Come on, read my future for me.
Tanya: You haven't got any.
Quinlan: What do you mean?
Tanya: Your future is all used up.
