J'ai enfin vu Miami Vice, film que j'attendais avec impatience après le choc - magnifique - nommé Collatéral.
Et histoire de ne pas faire durer le suspense trop longtemps, j'avoue sans mal avoir totalement adhérer à ce polar sombre. Mann, ce n'est plus une surprise, a un talent fou pour créer une atmosphère, en particulier en s'appuyant sur un personnage récurrent dans son oeuvre : la ville. Une fois encore, elle occupe ici une place importance et centralise une tension permanente. Si l'intrigue de Mann se révèle être assez classique, quelques rebondissements bienvenus feront apparition au cours du film. Mais ce n'est pas l'intrigue qui m'intéresse réellement pour ne pas mentir. Je savais déjà avant de commencer que la claque viendrait d'ailleurs : la mise en scène. Et je n'ai pas été déçu. Le film repose sur une dynamique de l'image qui, via un effet documentaire, donne toujours cette impression de pris sur le vif. Mais contrairement à d'autres cinéastes, Michael Mann se sert du numérique pour sublimer ses décors et ses personnages, et créer une tension magnifique. Ici pas de fioritures, pas de grandiloquence excessive, juste ce qu'il faut pour rythmer le récit par l'image et insuffler à l'histoire une puissance par moment incroyable. Le trio d'acteurs fonctionne particulièrement bien, Farell et Fox se rendant dialogue avec nervosité et complicité, ils sont tout à fait crédibles. Gong Li , en plus d'illuminer l'écran, s'impose aussi face à ce duo et parvient à donner à son personnage une épaisseur plutôt étonnante (en tout cas par rapport à mes attentes). Une fois de plus, Mann a également pris soin de soigner sa photo, ce qui est extrêmement appréciable (jeux de lumières, sublimation de la ville par les oppositions de couleurs froides/chaudes). En ce sens, la veine stylistique choisie par Mann (dans la continuité de Collatéral) est une franche réussite. Les musiques sont bien évidemment omniprésentes - comme d'habitude - et servent la plupart du temps admirablement bien les images nocturnes et dynamiques du cinéaste. Néanmoins, la bande son n'est pas aussi stimulante que celle de Collatéral.
Alors il me vient cette question. Miami Vice, aussi bon soit-il, ne se limite t-il pas à reproduire le schéma - fantastique - de Collatéral ? Car les ressemblances sont bien là. La réponse me reste suspendue honnêtement, car il est vrai que cette atmosphère, aussi jouissive soit-elle, a un air de déjà vu. Mais au final ce polar s'impose de lui même comme une nouvelle claque. Et c'est bien là l'important. Alors, si le cinéaste ne se réinvente pas à travers ce film, il poursuit ce qu'il a commencé avec brio. Et ce n'est pas plus mal.
Michael Mann signe un nouveau film sombre, beau et dynamique. L'intrigue relativement classique s'appuie sur une mise en scène absolument incroyable qui permet au film de retrouver, par intermittences, les sommets atmosphériques atteints par Collatéral en 2004, sans toutefois l'égaler. Grand film.
8.5/10.