Que dire du Salaire de la peur ? Génial.
Ce qui m'a vraiment plu, c'est cette longue introduction, presque une heure de film où l'on nous présente les protagonistes du film. Mais surtout l'ambiance qui plane, qui pèse, comment ne pas sentir la chaleur, la lourdeur du milieu, en effet le climat s'accorde parfaitement avec la condition des protagonistes. Ici, les gens sont enfermés, par le climat, par le manque de travail, tout semble être fait pour crever dans cette ville pommée, à moins de devoir prendre le risque de se sacrifier, de mettre en jeu sa propre vie pour espérer pouvoir s'en sortir. Et en effet, cette introduction est vraiment primordiale, tellement qu'elle pourrait être un film elle même, elle fixe le décor et les personnages.
Ici, Clouzot montre à quel point le travail est exercé pour s'extraire de la vie en tant que simple individu sur terre. Le travail est primordial pour chaque habitant de la ville, tout le monde le cherche, peu importe le risque à encourir. D'ailleurs on voit bien que les seuls individus qui arrive à s'extraire de ce marché infernal, ce sont les autochtones, lorsqu’on les voit devant le puits de pétrole en feu ou quand le camion passe devant eux, car oui il n'y a que les étrangers qui impose leur façon de penser.
C'est pour ça que je trouve ce film aussi fort, car même s’il dépeint une société complètement asservie au propre mépris de son existence, il le faut, pour que les personnages existent entend qu'individu propre. En voit bien qu'il n'y a que cette mission pour les personnages, au-delà de leur rêve et de leur désir. C'est là que la deuxième partie du film, le plan se resserre sur les protagonistes principaux, pour voir à quel point la tâche principale corrompt les relations entre individus. Car oui, joué sa vie, change n'importe quel homme même celui que l'on prend pour le plus dur, le plus inchangeable, celui qui n'est pas aliéné par la tâche à accomplir. Cette deuxième partie est tellement riche en tension, en moment où tout se joue à un fil, là, on sent la maîtrise de Clouzot, qui nous montre dans des plans sublimes, ce que l'homme peut-être de salaud et de touchant en même temps.
Mention spéciale pour la fin, qui bien que très courte et juste une prouesse en matière de montage.