J’avais vu ce film au cinéma à sa sortie. A la fin, je savais que j’avais de la chance de l’avoir découvert sur grand écran. La salle était loin d’être pleine et il n’a pas reçu le succès mérité en salles. Sans doute la faute à une promo discrète et essentiellement faite durant l’été pour une sortie en octobre.
Il fait partie de ces films qu’on aimerait oublier pour le redécouvrir avec des yeux neufs à nouveau. Je l’ai revu hier. Et il reste toujours aussi impressionnant.
La partie technique est toujours incroyable après 16 ans (!). L’utilisation discrète des VFX donne beaucoup de force au film face à l’épreuve du temps. Cuaron montre en 2006 qu’il est le maître incontesté du plan séquence spectaculaire (ou non) que personne dans l’industrie n’a égalé jusqu’à présent. Et une des raisons, c’est l’importance que Cuaron donne à ses décors. Selon moi, c’est vraiment une des clefs pour réussir un plan séquence immersif. Dans chaque plan-séquence spectaculaire du film, le décor est très bien utilisé et rend toujours compte de l’évolution du parcours des personnages (cf la scène d’ouverture, celui en voiture et le dernier plan séquence). Ce qui manque cruellement à un film comme 1917 par exemple, les personnages évoluent dans un décor mais celui-ci ne devient jamais vivant et reste à l’état de feuille de décor. Du coup, 1917 ne parvient jamais à être aussi fort et immersif que peut l’être Children of men.
Outre l’aspect technique incroyable de ce film, l’écriture est également excellente ! Tout est suggéré de manière assez fine pour faire participer le spectateur et qu’il s’imagine lui-même comment le monde est devenu comme ça, sans le laisser pour autant dans un flou total. Tout ça grâce à une distillation intelligente d’éléments dans l’arrière-plan et dans les dialogues bien écrits car jamais lourds dans ce qu’ils veulent raconter.
Clive Owen est impressionnant dans l’interprétation de son perso. Pas un surhomme, pas de gros muscles, pas d’intelligence hors du commun. Il se laisse juste embarquer et fait avec ce qu’il a.
Et le côté incroyable du film réside dans son anticipation. En 2006, je me suis dit que 2027 pouvait ressembler à ça dans certains aspects. 2027 approche, et nous sommes dans une crise migratoire, le Brexit est arrivé, une pandémie a eu lieu, les peuples sont à la fois désabusés et à fleur de peau…