C'est mauvais parce que Carrère n'a aucun matériel pour filmer cette histoire. Le postulat de départ, audacieux, renvoie à un Lynch de supermarché qui travaillerait la trivialité avec une grande grâce. Malheureusement, Carrère manque de talent et ne fait que piocher ici et là pour combler les lacunes évidentes de son film. Réponse à l'élément perturbateur ? Une reproduction téléfilmesque d'un cinéma naturaliste plein de bons sentiments. Carrère n'arrive pas à dépasser cette barrière étanche et son film ne se construit que sur quelques séquences d'une beauté évanescente : la coupe de la moustache bien sûr mais plus tard dans le film d'autres beaux moments de solitude.