J'avoue que je ne comprends pas le coup de la "masturbation collective" (encore une notion que l'on sort à tout va et pour rien d'ailleurs)
RISQUES DE QUELQUES PETITS SPOILERS !
A History of Violence c'est une fable ultra-violente. Le truc bien violent qui arrive à aborder pleins de choses sans rien bâcler en très peu de temps. Aussi bien le film que le comics. Je sais vraiment pas lequel je préfère des deux. J'apprécie vraiment Cronenberg, mais c'est vrai que le comics a ces petites touches en plus qui fait dans l'immédiat la balance pencherait plus de ce côté.
A History of Violence c'est avant tout un film sur la rédemption et la normalité. L'histoire d'un homme pas comme les autres, qui ne rêverait que de le devenir. Oublier son passé, à défaut de pouvoir l'enterrer, pour pouvoir vivre une sorte de rêve américain. Mais comme toujours, à l'image des colons, le rêve américain n'existe que dans le sang et la haine. Du coup on se retrouve avec cette histoire d'un homme qui va peu à peu voir son passé resurgir, et qui va devoir l'enterrer pour de bon cette fois-ci. Allant jusqu'à devoir tuer son propre frère.
Si le film suit le même chemin que le comics sur le fond, la forme est complètement différente. On retrouve la mise en scène assez sobre de Cronenberg, alors que le comics lui est dessiné dans un style assez particuliers. Deux moyens différents pour essayer d'arriver à un même résultat, ressentir un certain malaise. Même le long plan du début (qui n'est pas un plan-séquence comme beaucoup le dise) reste vraiment sobre je trouve.
L'histoire diffère également. Mais je trouve que les deux versions se valent. L'histoire du film est cependant bien plus symbolique je trouve.
J'aurais bien sur préférais voir apparaître le long flash-back. En compensation le film nous offre des séquences additionnels qui rajoute un peu de contenu qui va dans le sens du propos. Notamment le fait que l'on s'intéresse également au fils. Le mal ne frappe plus qu'uniquement Tom. On a aussi des rajouts de scènes de sexe, chose qui dans mes souvenirs était très peu présent, voir inexistant, dans le comics, alors que je trouve plutôt logique que lorsque l'on parle de tels pulsions, l'on parle également de sexe.
En fait ce qu'il manque à ce film c'est un peu de poésie. De poésie noire. Le comics avait un peu ce côté poétique obscure avec son graphisme et son histoire. Cronenberg est très doué pour réussir ses fins. A part à la fin, le film se contente de sa sobriété et reste éloigné d'une certaine poésie. Et c'est aussi un peu dommage, je suis sur qu'il pourrait faire des choses meilleures encore s'il réalisait plus de passages avec la même intensité émotionnelle que ses fins.
Même si j'apprécie ce que fait Howard Shore, ses compositions sont vraiment "faible" ici. Autant pour les autres films de Cronenberg ça ne dérange pas, mais là... avec une telle "épopée", forcément on se dit que ça manque d'un thème mémorable. Un thème qui peut être à la fois brutale et mélancolique. Un thème à l'image du film. Un thème à la Old Boy ou à la Eyes Wide Shut, c'est vraiment ce qu'il manque au film. D'ailleurs le film partage plusieurs choses en commun avec Old Boy.
J'ai beaucoup aimé le film. Cronenberg a le don de me captiver avec un rien (et je ne pense pas être le seul). Et il montre qu'il a abordé maints thèmes durant sa filmographie. Mais toujours avec un certain angle ; la violence propre à Cronenberg.