Ridley Scott et ses réécritures de l’histoire comme en Kingdom of Heaven
Ballian d’Hibelin défenseur de Jérusalem en la réalité est marié
le Balian historique est le fils légitime de Barisan d'Ibelin, et non pas le fils bâtard de Godefroy d'Ibelin (lequel n'a jamais existé et est une figure composite du père de Balian et de Godefroy de Bouillon) ;
il a vécu sa jeunesse en Terre Sainte, et non pas dans le nord de la France ;
il a participé à la bataille de Hattin et n'est pas arrivé après le massacre comme dans le film, mais a réussi à s'en échapper en compagnie de Renaud de Grenier ;
il a épousé Marie Comnène, la veuve d'Amaury Ier de Jérusalem, et non pas Sibylle, fille de ce roi et sœur de Baudouin IV « le Lépreux » (en revanche, il semblerait que cette dernière ait été fiancée à un frère de Balian) ;
il a vraiment adoubé soixante ou cent bourgeois pour qu'ils participent à la défense de la ville ;
Après la prise de Jérusalem, Balian est resté en Terre Sainte.
Guy de Lusignan est présenté comme le principal méchant du film afin de servir d'adversaire à Balian alors qu'il aurait été en fait surtout de caractère indécis et influençable.
Le personnage de Tibérias est basé sur Raymond III de Tripoli mais a été rebaptisé car les producteurs faisaient la confusion entre Raymond et Renaud (Reynald en anglais, prénom très proche à l'oreille de Raymond pour les anglophones), raison d'ordre pratique.
Parmi d'autres inexactitudes du film Renaud de Châtillon ne faisait pas partie des Templiers, mais était toutefois un de leurs alliés ; le patriarche de Jérusalem, Héraclius, fut en réalité un artisan, aux côtés de Balian, de la défense de la ville et un élément de tempérance, privilégiant les négociations avec l'ennemi ; la plupart des pièces d'équipements des armées de Saladin ont bien existé, mais réparties sur 300 à 400 ans d'histoire, ainsi le casque turc à nasal, gardes joues et protection de la nuque est bien plus tardif que le XIII eme siècle ; le fléau d'armes n'existait pas encore ; les boucliers des chevaliers n'étaient pas portés dans le dos lors de la charge ; on ne pendait pas les Templiers parce qu'ils étaient nobles et auraient été décapités et parce que l'Ordre était souverain et réglait ses problèmes en interne ; le destin de la sœur de Saladin après sa capture par Renaud de Châtillon reste inconnu ; ce n'est pas Godefroy d’Ibelin qui découvrit la lèpre de Baudouin IV, mais le chroniqueur Guillaume de Tyr ; et le nombre de machines de siège de Saladin est exagéré.
Lorsque Balian s'échappe après la défaite de Hattin, il obtient de Saladin un sauf conduit qui l'autorise à se rendre à Jérusalem afin d'emmener sa femme et ses enfants vers Tripoli. Il y est autorisé, mais à la condition de faire serment de quitter la ville et de ne plus prendre les armes contre Saladin. Les habitants de Jérusalem, effrayés par la nouvelle de la défaite, le supplient de rester pour assurer leur défense. Le patriarche Héraclius le relève de son engagement vis-à-vis de Saladin. Nullement rancunier, Saladin accepte ses excuses, autorise sa femme et ses enfants à se rendre à l'abri à Tripoli et leur assigne même une escorte.
Avec le patriarche, il organise la défense de Jérusalem, que Saladin assiège deux mois plus tard. Il ne peut cependant défendre la ville, par manque d'hommes, de vivres et de matériels. Dans toute la ville, il ne peut trouver que quelques chevaliers, peut être deux, et il doit adouber soixante fils de bourgeois.
Après une défense énergique, les chefs chrétiens de Jérusalem sont d'avis de capituler. Balian d'Ibelin se rend alors auprès de Saladin et lui déclare que les habitants préféreraient détruire la cité et les lieux saints, tuer leurs enfants et leurs femmes puis se battre à mort contre les musulmans, plutôt que laisser la ville être prise de force. Après négociation, Balian obtient de Saladin la vie sauve des habitants en échange d'une rançon de dix pièces d'or par homme, cinq par femme et deux par enfant. Ceux qui ne peuvent pas payer deviennent esclaves des musulmans.
Ibelin, Naplouse, Rama et toutes les autres terres de Balian sont conquises par Saladin.
Après la paix qui suit la troisième croisade, Saladin accorde en compensation à Balian la petite seigneurie de Caymont, au sud d'Acre.
La troisième croisade
Après la mort de Sibylle de Jérusalem, Balian d'Ibelin commence par soutenir Guy de Lusignan dans sa lutte contre Conrad de Montferrat pour le royaume. Puis il négocie, avec Marie Comnène, le mariage de sa belle-fille Isabelle de Jérusalem avec Conrad, lui apportant une légitimité dans ses prétentions au trône. Saint-Jean-d'Acre, assiégé par les croisés se rend le 12 juillet 1191, et la querelle entre Guy de Lusignan, soutenu par Richard Cœur de Lion, et Conrad de Montferrat, soutenu par Philippe Auguste et la plupart des barons de Terre sainte, est ravivée. Les 27 et 28 juillet 1191, les plus grands barons de Terre sainte, toujours hostiles au roi Guy, Marie Comnène, la reine veuve d’Amaury Ier de Jérusalem, Balian d'Ibelin, son nouvel époux, le légat apostolique, archevêque de Pise, le corps entier des Pisans, enfin les Français et tous ceux qui, par raison ou par calcul, demandent un nouveau roi influent et respecté, désignent le marquis de Montferrat, Conrad de Montferrat, l'héroïque défenseur de Tyr, comme seul capable de sauver le royaume. Ils veulent qu'il reçoive la couronne avec la main de la fille d'Amaury et Marie Comnène, Isabelle de Jérusalem. Devant la volonté des barons, Richard Cœur de Lion finit par accepter Conrad comme roi et vend Chypre à Guy de Lusignan qui en devient le roi. Après la mort de Conrad et le remariage d'Isabelle avec Henri II de Champagne, Balian devient un des conseillers du nouveau roi.