Bon, je vais donner mon avis, un peu en retard certes, mais je viens juste de le voir! (mieux vaut tard que j'avais n'est-ce pas?)
Déjà, comme beaucoup d'autres, j'ai du mal à comprendre pourquoi cette critique sur le devoir de mémoire absent! Rien qu'en lisant le résumé on peut effectivement facilement deviner que ce n'est pas le propos du film, Berlin n'ayant pas eu de camps et l'action se déroulant de manière subjective à travers divers personnages.
Sauf si on prend le terme "devoir de mémoire" au sens large, et là je trouve qu'il comble un vide, dans la mesure où cet aspect de la 2nd GM n'a jamais été abordé.
De même, j'y ai vu un Hitler humain mais pas humaniste, pour les raisons déjà évoqué plus haut: paranoïa aiguë, refus des réalités, etc ; mais aussi à travers l'absurdité du comportement de ses partisans les plus acharnés, comme la police SS qui continue de pendre des "déserteurs" alors que les russes sont là...
A la rigueur, je trouve même par certains côtés le film trop soft. Il aurait été tout à fait possible je crois de montrer par exemple les ravages causées par l'Armée rouge sur la population civil (qui sont un pendant des ravages subit par les soviétiques lors de l'invasion allemande). Cela aurait également pu être mit en contraste avec le luxe dans lequel les derniers nazis vivent presque jusqu'à la fin.
J'ai particulièrement "aimé" (pour ainsi dire) les scènes de fêtes et de débauches qui montrent bien, non seulement le sentiment de fin du monde, mais aussi la folie dans laquelle se sont enfermées nombres des protagonistes.
Sinon, quelques annecdotes historiques présentes dans le film permettent de mieux l'ancrer dans l'Histoire, je trouve que c'est un plus. Comme par exemple Himmler dont le problème le plus important est de savoir s'il doit serrer la main d'Eisenhower ou lui faire le salut nazi, bel exemple du dignitaire nazi complètement hors des réalités, ou Hitler fixant le portrait de Frédéric le Grand.
D'ailleurs, pour répondre à:
"Qu'est ce qui fascinait Hitler dans ce personnage ?
Le côté misanthrope où il y voit une sorte d'ironie, de destin similaire, disons liés... "
Déjà, le côté grand stratège, qui a donné à la Prusse ses plus belles victoires militaire. Ensuite il y a aussi une autre analogie je pense, qui n'est pas précisée dans le film, mais réel. Lors de la Guerre de Sept Ans (au XVIIIème siècle), la Prusse s'est finalement retrouvée acculée malgré de grandes victoires contre les autrichiens et les français, par les russes, qui sont arrivés aux portes de Berlin. A ce moment, Frédéric le Grand envisageait le suicide. Finalement la Prusse a été sauvé de manière miraculeuse, car la Tzarine Elisabeth est morte, et son successeur Pierre III, un prussophile véritable fanboy de Frédéric le Grand, signe une paix séparée avec la Prusse en lui rendant tous ses territoires et se rangeant du côté de la Prusse. Grâce à ce retournement de situation, la Prusse a pu sortir vainqueur de la guerre.
Et en fait, peu de temps auparavant, Roosevelt venait de mourrir, et Goebbels, en bon ministre de la propagande, a repris cette histoire en la transposant à la situation d'alors, arguant que les Alliés allaient signer une paix avec l'Allemagne et rejoindre le combat contre l'URSS, le bolchévisme étant le véritable ennemi d'alors, etc...
Là encore c'était être loin des réalités.
Le côté ironique, c'est que Frédéric le Grand, en bon prussien, était vraiment un "officier d'académie", comme tout bon officier prussien. Et Hitler les méprisait ouvertement et s'en méfiait, comme cela est montré dans le film.