Je me sens obligé d´exprimer mon avis face à la déferlante de critiques positives lâchée par la presse.
Donc voilà: je trouve que ce film est outrageant, immonde, ignoble, dégoûtant, scandaleux. Tous les superlatifs du monde ne suffiraient pas à décrire ce que j´ai ressenti en sortant de la salle.
Que ce soit clair : je ne critique en aucun cas l´absence de prise de position du réalisateur, je ne critique certainement pas le fait qu´il soit allemand, et je suis évidemment miné par le nazisme et tout ce qui s´y rapporte, comme la grande majorité des citoyens de ce monde.
Mais là, alors que j´espérais aller voir un film cérébral, présentant Hitler sous ce qu´il a de plus dangereux, à savoir un personnage qui a su aveugler tout un peuple grâce à ses seules facultés oratoires, c´est un tout autre numéro auquel j´ai assisté.
Le contenu du film est d´une vacuité effarante. Pendant 2 heures 45, on assiste à une succession de meutres et de sucides. Le sujet du film se résume d´ailleurs à ça. La première heure nous présente pourtant des acteurs talentueux, dans des rôles qui paraîtront certes extrêment communs à qui a vu un tant soit peu de films portant sur le nazisme, mais que peut-on y faire ? Non seulement ce film est d´une violence et d´une brutalité totalement inédites ( même le Pianiste fait moins gore, c´est dire), mais il prend même un certain plaisir à ajouter des détails sulfureux abominables.
Contrairement à ce que les critiques disent ( pour celles que j´ai lu, mais elles sont nombreuses), La Chute se borne à mettre en scènes les dernières heures d´Hitler. Où est-il question de cela ? Hitler meurt au bout d´une heure trente ( sur les 2 h 45 que dure le film...). La seconde moitié du film n´est prétexte qu´à relater, de la façon la plus inconvenante possible, les suicides en chaîne qui s´ensuivent. A-t-on besoin de savoir que la soeur d´Hitler empoisonne ses cinq enfants après leur avoir donné des somnifères ? A-t-on besoin de savoir combien il y a de morceaux de cervelle répandus autour du crâne éclaté d´un officier ? A-t-on besoin de savoir de quelle manière un général allemand tue sa famille et lui avec ?
Le pire est d´imaginer comment des enfants si jeunes, comme ceux qui jouent les neveux d´Hitler, ont pu accepter de se faire trucider sous les yeux de la caméra en donnant chacun à leur tour les derniers spasmes.
Il est à noter que le réalisateur se donne rarement la peine de présenter les personnages avant de leur faire subir les abominations auxquelles il semble tant tenir. Nombre de protagonistes se présentent vivants à l´écran le temps d´une minute, pour ensuite aller se pendre, se tirer des balles dans la bouche, s´empoisonner et j´en passe. Est-ce là un choix dramatique ou une façon d´avouer sa fascination pour la violence vécue ?
Olivier Hirschbiegel passe certes, au début, par les formalités d´usage : personnages déments et grandiloquents, mouvements de caméra sobres et décors très Arte... Il semble que ceci ait réussi à lui faire passer le cap de l´opinion, outre le fait que celle-ci se sente toujours obligée de considérer tout film sur la guerre comme un devoir de mémoire et donc une à respecter à tout prix. Mais il ne faut pas aller trop loin, et ce film n´est à mes yeux ni une oeuvre commémorative, ni un essai sur la psychologie d´un dément. Il est juste une chose malsaine, violente, inutile, bref, lamentable, qui n´est pas l´euvre pédagogique qu´elle prétend être. La cuvée 2005 est bien mauvaise, c´est mon dernier mot.