Film plutôt sympathique, je l'ai trouvé très bien exécuté et pour une fois j'ai aimé les ralentis et la mise en scène de Peckinpah, mais j'aurai placé plus l'écriture générale au niveau des défauts. Pas qu'elle soit mauvaise, mais je dirais qu'elle est un peu sans surprise, qu'elle n'a pas le ton désabusé d'un Alfredo Garcia (sans forcément qu'on ne puisse rien faire de bien qui soit différent) et que du coup dans les grandes lignes ça reste un peu classique.
Ce que j'ai aimé c'était le début, la prison aliénante et puis la tronche de McQueen qui sort de tôle, le visage fermé, puis qui arrive au bord d'une rivière, la regarde et sourit tout en se voyant plonger dans l'eau. Le montage est vraiment excellent, permettant de montrer sans être niais, tout en arrêtant la scène exactement quand il faut. Parfait.
J'aime beaucoup la relation entre le mari et sa femme, on est loin des idylles improbables d'autres films où la femme, magnifique au passage, attend bien gentiment son mari quatre longues années en prison... Mais heureusement le viril McQueen la remettra sur la voie ! Et finalement la survie du couple devient un des enjeux majeurs du film sans pour autant alourdir le récit.
Cependant les péripéties je les trouve un peu déjà-vues, ça s'exécute sans grande surprise, bien que l'on ait une scène où nos héros sont bien ridicules dans les ordures... L'efficacité de la mise en scène et le charisme de McQueen en costume cravate assorti d'un fusil à pompe faisant le reste... Et de beaux restes. Le combat final est bien foutu, sans que Peckinpah abuse du ralenti non plus tout en débordant d'une violence cathartique (pour le spectateur en tout cas).
Un film plaisant donc, mais un peu convenu, n'offrant pas forcément le même niveau d'atomisation des codes du genre qu'Alfredo Garcia et rendant le film peut-être un peu plus oubliable, plus "dispensable".