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Liste des sujets

Aguirre, der Zorn Gottes

Oulalaradine
Oulalaradine
Niveau 10
14 août 2012 à 23:05:18

"Quiconque projette de déserter sera découpé en 198 morceaux.
Ils seront piétinés jusqu'à ce qu'on puisse peindre les murs avec."

:ouch:

Oulalaradine
Oulalaradine
Niveau 10
14 août 2012 à 23:27:15

Ce film :ouch:

Aguirre et sa voix de psychopathe, ses yeux de tueurs, ses sous vêtements roses :ouch:

Ce radeau plein de gogoles trop débiles :ouch:

Les petites singes trop mignons :coeur:

Bizarre ce film. Mais fort en émotions. Unique.
Onchant.

Bon ça fait bizarre de voir des conquistadors espagnols qui parlent allemand. Mais l'allemand est la langue agressive qu'il fallait à Aguirre :bave:

Le post de Assurance quelques posts plus tôt me convient totalement.

Grand film, vu et approuvé :oui:

Oulalaradine
Oulalaradine
Niveau 10
14 août 2012 à 23:41:10

Ouais, les films qui me font oncher, devant lesquels je dis onche onche quoi :hap: !

Un film onchant pour les onchistes :hap: !

Oulalaradine
Oulalaradine
Niveau 10
14 août 2012 à 23:53:44

Ouais, pour la mort de cotillard j'ai fait : "OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONCHE
:noel: !"

elgranbarca
elgranbarca
Niveau 10
13 mars 2013 à 20:59:53

Vu ce soir !

Troublant, musiques fascinantes, envoutantes, un film très proche du documentaire avec un déglingo de Kinsky tout à fait crédible dans sa descente aux enfers...

Par contre, pour ceux qui se rappellent, je rêve ou on voit de temps à autre les acteurs regarder carrément la caméra ?

Il ne se passe en effet pas grand chose mais c'est le but avoué.

14/20 car mémorable pour moi mais pas transcendant.

bouboul
bouboul
Niveau 10
10 avril 2013 à 19:52:40

Le truisme n’étant jamais qu’une évidence qui se sait évidence – donc vérité – il semble pertinent de débuter toute réflexion par cette forme de procédé littéraire. Car toute concaténation d’idées, dont le tout sculpte une réflexion, se doit d’intercaler dans ses interstices des liants suffisamment forts pour que la chaîne résiste aux ravages de la contradiction. En conséquence, commençons par en forger le premier maillon avec la plus évidente des lapalissades : la critique filmique, avant d’extraire du sujet le sens que son artiste a voulu lui donner – si tant est qu’il y en ait un – dessine en premier lieu sa propre interprétation qu’elle vient greffer sur l’œuvre comme si elle lui appartenait corps et âme. Autrement dit, la dernière valeur ajoutée dans le processus de création d’une œuvre d’art est celle du spectateur lui-même, qui dans un élan d’exaltation de sa propre capacité de questionnement viendra lui donner le dernier coup de marteau afin d’en faire un produit fini. Ceci implique qu’il n’y a d’art sans artiste évidemment, mais surtout qu’il n’y a d’art sans public, en ce sens que l’objet artistique, étant par essence un support de médiation entre émetteur et récepteur, ne peut communiquer sans la présence de ce dernier. Le récepteur est donc nécessaire pour qu’il y ait transmission du message, mais il est également suprême souverain dans la mesure où, le médium se voyant doté d’une nature abstraite, il en fait la compréhension qu’il souhaite. Il est le linguiste de sa propre pensée et questionnera les formes et les sons comme ses dispositions cognitives le lui dicteront.

Dès lors, il paraît vain de préciser que l’interprétation qui suit est probablement loin de l’idée que Werner Herzog se fait de son propre film, mais qu’en sa qualité d’idiome critique, cette exégèse cinématographique n’en est pas moins légitime.

« Aguirre, la colère de Dieu » ne contient pas le mot « Dieu » par occurrence. A dire vrai, il est imprégné de tout son être par la présence du divin. Ou plutôt, par le rapport communicationnel entre le Créateur et ses créatures. Ce rapport, c’est la manière dont les hommes arrangent l’espace vocationnel indéterminé qui est le leur, et dans lequel ils s’élancent pour déployer leur foi. Par quelles volitions l’homme va-t-il actualiser le souvenir de Dieu ?

L’auteur suisse Frithjof Schuon, distingue deux principes fondamentaux propres à tous les monothéismes constituant cette mise en relation avec l’Absolu. L’un que l’on qualifiera d’« ésotérique », l’autre d’ « éxoterique ». Le premier se définissant comme la Voie vécue par l’âme et la volonté, se reconnaît dans sa manière d’épurer la tradition religieuse pour revenir aux fondamentaux gnostiques ; à savoir la connaissance - par l’intelligence théomorphe immanente à l’être humain - du caractère Absolu et Illimité de Dieu. La seconde, sous la plume du métaphysicien se définit davantage comme la Voie vécue par la forme et la tradition, le salut par l’action, la règle comme base d’un mode de piété. Autrement dit, plutôt que d’accéder à Dieu par la voie verticale qui s’apparenterait à la contemplation libératrice de l’Immuable, l’ésotérisme choisit le matérialisme comme canal facilitant l’accès à la gnose et extrapole en traduisant l’abstraction divine par une codification concrète accessible à tous.
Parenthèse fermée, maintenant ses deux notions pleinement expliquées, lions-les à ce qu’elles concernent dans Aguirre.

Le film s’ouvre sur une longue scène hypnotique, montrant une troupe de conquistadors descendre littéralement du ciel, avec pour arrière-plan phonique, non pas une psalmodie grégorienne sophistiquée, mais une broderies de voix angéliques et ininterrompues confrontant dans l’immédiat, l’humain avec Dieu dans ce rapport de contemplation, cet abandon à toute la splendeur de la Création. Le Livre débute par le Commencement (La Génèse) qui voit l’homme envoyé sur la Terre après le pêché originel ; Aguirre, dans un tracé parallèle, s’ouvre également sur un passage du Ciel à la terre. Nous voilà donc projeter aux origines, alors que l’homme vide de tout dogme, nourrit un rapport ésotérique à Dieu, par la seule intuition de n’être qu’une part de la Réalité relative exclusive de la Réalité Absolue.

Très vite, un bruit de canon elliptique nous ramène dans une temporalité – le temps ayant son importance dans le film, j’y reviendrai par la suite – plus avancée, dans laquelle l’homme a troqué la vérité plénière et l’efficacité salvifique contre le matérialisme mondain et l’aveuglement passionnel. Le sens de la transcendance métaphysique des formes a déserté l’être humain pour trouver racine dans un exotérisme appelé Christianisme, encadré par toute une structure anthropologique aux codes bien définis.
Les principes de hiérarchies régissent l’ordre social, puisqu’aux côtés des soldats se trouvent d’une part les individus issus de la noblesse, et de l’autres, les esclaves autochtones réduit à l’état de chair à usage utile. Ainsi est représentée la perte de l’égalité de la valeur d’une vie humaine face à l’Absolu, qui se perpétue par la suite à travers divers tableaux dérisoires, tels que le non-sens absolu de transporter avec soi dans une expédition aussi périlleuse, deux voitures à bras au contenant dissonant par rapport à la diégèse étouffante dans laquelle ils se meuvent. C’est situé dans ce même réel diégétique, donc extrait de son contexte royal et luxueux habituel, que le sacre de Fernando de Guzman le faisant empereur de l’Eldorado, prend une tournure grotesque ; c’est dans ce climat de famine et de survie, que la satire s’élève d’un degré supplémentaire en offrant le triste spectacle de ce même empereur se goinfrer alors que ses hommes se meurent. La transposition de la structure catholico-monarchique dans un univers primitif permet un contraste déclencheur de l’ironie. Comme si un retour à l’état-nature était nécessaire pour démythifier l’ordre clérical.
Comment, le sens du sacré a-t-il pu se liquéfier de la sorte ?

Le pêché d’orgueil fut le germe de l’expulsion d’Adam et Eve du jardin D’Eden. Autrement dit, la colère de Dieu ne fut que la conséquence de la nature profondément vaniteuse de sa propre création. Aguirre alors, ne croit pas si bien dire lorsqu’il certifie « être la colère de Dieu ». Il ne l’est non pas en tant qu’il incarne, tel qu’il semble le croire dans un élan mégalomane, Dieu sur terre en personne, mais en tant que cause et conséquence de la colère de l’Eternel. Dès lors, la modification profonde du rapport à Dieu, de l’Origine aux temps nouveaux, semble trouver une explication toute tracée : l’Homme, en raison de son essence mégalomaniaque, de sa volonté de s’élever au niveau de Dieu – Dieu ne l’a-t-il pas créé à son image ? – finit par altérer peu à peu le sens des symboles, et en orienter sa mésinterprétation vers des substituts matériels entrant en conflit avec l’Essence première.
Cette vanité demeure omniprésente dans le métrage. Aguirre rêve de conquêtes, De Guzman se laisse berner par la flatterie, et le reste de la troupe ne rebrousse chemin à cause de promesses reluisantes. La promesse de l’El Dorado en fait partie, mais n’est qu’un moyen de ramener à l’homme ce qui appartient au Céleste par le fantasme du paradis terrestre.

Seul le temps, symbolisé par l’eau du fleuve qui se déverse sans répit, arrivera à bout de cette confrontation d’Egos. Rien n’y survit. Un radeau misérable jonché de corps pourfendu finira par conclure cette catharsis désabusée signée par un Werner Herzog au sommet de son art, dont l’ultime coup de génie aura probablement été de choisir Klaus Kinski pour incarner l’Orgueil, pour incarner « La Colère de Dieu ».

8,5/10

-Assurance-
-Assurance-
Niveau 10
10 avril 2013 à 21:24:38

Quelle critique!

Tu me donnes bien envie de le revoir d'ailleurs.

skymen5
skymen5
Niveau 10
14 juin 2013 à 03:44:10

Bon, il est 3 heures et demi du matin là, donc il se peut très fortement que j'ai dit nawak' du début à la fin (surtout après avoir vu ce film... :hap: ), dans ce cas, je m’excuse d'avance, et je vous serais reconnaissant de me dire où sont mes fautes... :)

Aguirre, la colère de dieu, ou comment faire un film mystique.

Bon qu'on se le dise tout de suite, j'ai aimé le film.
L'histoire est simple, conquistador, Eldorado, ce film aurait pu être une épopée épique, mais c'est finalement pratiquement un huit-clos dans l’Amazonie.
La folie est vraiment encrée dans le film, un homme qui croit tellement en ses ambitions en devient fou, il est obsédé par ça, par l'Eldorado, par son heure de gloire pratiquement, il ne cesse de dire que si eux rebroussent chemin, d'autres après eux arriveront, trouveront, et seront riches et connus, bah putain, il la veut son heure de gloire. Bon, il a des ambitions, il veut l'Eldorado, soit une terre, et se reproduire avec sa fille, soit une descendance pure. Ces ambitions aurait pu être honorable (pour l'époque hein... :hap: ), mais finalement ça en devient de l’arrogance, de l'Orgeuil au sens biblique du terme pratiquement, puisqu'il se considère lui-même comme étant la colère de Dieu, plus le film avance, plus il est près à tout pour obtenir ses ambitions, tout du moins, on nous le montre de cette façon.
L'ambition de la descendance dite pure, est tuée en même temps que la fille d'Aguirre, en prélude de la scène finale. La mort y est rapide, mais contient un effort de mise en scène. Un peu comme presque toutes les autres morts, cela montre que le seul personnage disons "protégé" depuis le début, ne vaut pas plus que les autres. Sa mort ne sert qu'à mettre Aguirre dans une position de solitude; c'est la colère de Dieu.
Enfaîte, tout le film ne sert qu'à amené cette scène finale, tout les événements ne servent qu'à ça, tout ce film pour une scène, ce n'est pas la scène qui permet de résoudre le film, mais le film qui permet de résoudre la scène.
La réponse à la question "Qui d'autre est avec moi?" c'est construite durant tout le film, dont le point de climax est le bateau dans l'arbre; t'es seul, depuis le début, perdus dans ta propre folie. Il croit pouvoir réussir depuis le début, alors que la vérité est tout autre, c'est une quête impossible.
La hiérarchie est aussi un élément très présent dans le film, déjà les personnages sont des standards pour ça, les rapports hiérarchique entre les personnages changent souvent.
La folie passe très bien à l'écran grâce à l'époustouflante prestation de Klaus Kinski, qu'il soit calme ou enragé, on sent que le personnage n'est pas sain d'esprit.
Dans un registre un peu plus personnel je vois aussi le thème de la corruption, presque tous les personnages se font corrompre par l’Orgueil.
La BO est tout aussi hypnotique le film.

En bref, un très bon film... :)

Ma note : 9/10

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 08 septembre 2014 à 14:52:44

Il va sortir le 4 novembre en edition BR !

http://www.amazon.fr/Aguirre-col%C3%A8re-Dieu-Combo-Blu-ray/dp/B00M262K8K/ref=sr_1_12?s=dvd&ie=UTF8&qid=1410180356&sr=1-12&keywords=herzog

Hidan_le_retour
Hidan_le_retour
Niveau 5
23 septembre 2014 à 23:16:06

Cela faisait bien longtemps que je voulais le voir. Eh bien, je ne suis pas déçu : film superbe porté par un Klaus Kinski magistral. C'est intéressant de regarder le film à la lumière du tournage catastrophique et des engueulades monumentales entre Kinski et Herzog.
Des critiques intéressantes ont déjà été postées, je me bornerai donc à quelques impressions.
Les personnages sont remarquables bien que stéréotypés : le mec pataud, roi malgré lui qui ne fait que bouffer, le prêtre corrompu jusqu'à la moelle (faut voir la tête de fou qu'il tire quand on lui parle de croix en or jonchée de pierres précieuses!!), le personnage provocateur avec son "la la la la la" dérangeant, les femmes complètement soumises (cf. J'ai rigolé, quand la femme parle et essaie de s'affirmer lors du procès factice, le prêtre répond du tac-au-tac "Nous comprenons ton trouble mon enfant. Nous t'excusons" ou comment la renvoyer dans les cordes proprement) et bien sûr le mythique Aguirre à l'ambition démesurée qui mène toute cette joyeuse clique à sa perte... Son allure, ses postures et surtout ses expressions faciales sont exceptionnelles (yeux de Gollum quand même dont le "précieux" serait sa fille; hum bon ok...), ces dernières remplacent les mots vers la fin quand il commence sa phrase "Mais qui désertera..." Et là tu comprends qu'il valait mieux pas déserter...
La folie est fort bien interprétée et mise en scène (mais je m'attendais à un personnage plus extrême...). Réplique de taille aussi lancée par Aguirre envers un comploteur "Cette homme est plus grand que moi d'une tête. Cela peut changer" !

En bref, un bon film que je ne manque pas de vous conseiller! :-))) (à redécouvrir le 4 novembre en blu-ray)

W_Wenders
W_Wenders
Niveau 10
17 décembre 2014 à 23:42:00

C'est drôle et violent. Sorte de Comédie Humaine qui se rejoue sur le radeau de Méduse, en plein milieu de la jungle.

Kinski est délicieusement taré, il est la cible de la Colère de Dieu, l'incarnation de l'orgueil des Hommes.
Son petit sourire dérangeant, ses hochements de tête bestiaux, sa démarche de loup. Tout en lui caractérise son être. Et la fille, totalement pure, qui n'a strictement rien à faire là, sorte de mouton sacrifié sur l'autel de la démesure.

Le film réussit ce que Apocalypse Now a un peu raté (enfin raté...), c'est une pure représentation de la folie. Rien d'autre. Folie de croire, folie de l'avidité, folie d'aimer aussi. Folie de pouvoir surtout.
J'aime beaucoup la voix sinistre du curé qui conte l'histoire, qui avoue que l'Eglise a toujours été du côté des puissants. Mais pourtant, il semble croire aussi, malgré ces affirmations. Il est vraiment choqué quand les indiens lui disent que la Bible ne parle pas. Est-ce aussi une forme de folie, de croire sans croire?

Il y a aussi la peur, avec cette menace qui rôde, silencieuse, invisible contrairement aux lance-roquettes de Apocalypse Now. Et la mort, omniprésente, qui surprend le spectateur en apparaissant brusquement sous la forme d'un dard planté dans la poitrine.

Une brillante parabole sur la part sombre de l'homme. Et bien filmée en plus. On s'y croirait, on s'y voit même, nous, sur ce bateau, en train de réaliser nos rêves d'aventure. Et on se voit mourir, tué par notre orgueil qui nous a forcé à agir.

C'est Apocalypse Now sans les effets flashs, une folie réelle à l'échelle de l'homme, et qui pourtant les dépasse tous. Rien ne semble fictif, Aguirre semble avoir existé, Herzog apparaît comme un documentariste du temps.

Dommage que ça ne dure pas 3 heures, j'aurai voulu creuser toujours plus, voir plus de situations, aller plus loin sur la rivière de la désolation. Subir encore un peu cette macabre poésie. Mais tout de même, quelle fin!

On n'en sort pas indemne.

Memory_Card
Memory_Card
Niveau 26
28 décembre 2015 à 11:08:35

Werner Herzog est connu pour ses cinq collaborations houleuses avec Klaus Kinski. La première est Aguirre, réputée pour être l'une des plus grandes réussites de son auteur.

Le film expose la folie naissante du personnage principal, qui s'accroit à mesure que l’expédition pour trouver l'Eldorado progresse. Le réalisateur accompagne cette aliénation d'une ambiance irréelle, qui symbolise l'ambition démesurée d'Aguirre mais aussi le danger qui plane au dessus de chaque membre du groupe, menacés par quelque chose qui semble dépasser l'homme. La bande-son est la clé de voûte de cette atmosphère. Elle alterne entre une musique céleste, provenant d'instruments indéfinissables, et des silences lourds, lorsqu'une situation d'attente se met en place. De plus, le doublage en allemand (que je recommande chaudement après avoir vus des extraits insipides en anglais) rajoute une couche d'irréel et de folie supplémentaire.

Du côté de la réalisation, c'est tout aussi particulier. La façon de filmer de Werner Herzog, toujours proche des personnages, suggère une volonté d'inclure le spectateur, de le plonger au cœur du récit. Les regards discrets vers la caméra sont si nombreux qu'ils ne doivent pas être là par hasard ! En plus de cela, les acteurs font corps avec la jungle, on sent qu'ils y ont vraiment été, qu'ils ont pataugé dans la boue, que ça a existé. Ce contexte de tournage rend les travellings épatants, même si la réalisation était déjà d'un très bon niveau (d'ailleurs je soupçonne Herzog de ne pas avoir prévu quelques petits passages mais de les avoir quand même inclus dans le montage). Tout cela me fait regretter de ne pas avoir su répondre à l'appel du réalisateur : je ne suis rentré dans le film que dans les 10 dernières minutes, lors de cette terrible scène, clôturée par une réplique qui est d'une grande tristesse... Je pense qu'Aguirre aurait gagné à être plus long. J'aurais aimé passer plus de temps sur cette foutue rivière, à attendre jusqu'à ce que cela devienne complètement insoutenable ! Tant pis.

À la manière d'Apocalypse Now, ce long-métrage est porté par une ambiance sourde et pesante. Le jeu toute en retenue de Kinski impressionne tant cela s'oppose aux actions de son personnage. Son regard complètement insondable est sans doute la pire chose que croiseront les conquistadors dans cet enfer vert.

http://www.senscritique.com/film/Aguirre_la_colere_de_dieu/critique/73627326

EmileHirsch
EmileHirsch
Niveau 81
26 mars 2016 à 19:48:38

Mes chers compatriotes.

Quelques semaines après avoir vu Fitzcarraldo, le même problème et la même question se pose :
Dans quelle version dois-je voir le film ? :(

Pour Fitz, vous m'aviez conseillé le doublage allemand, ce que j'avais fait et qui, il est vrai, collait bien à l'ambiance du film et à la personnalité de Kinski. Malgré que la désynchronisation (si je-puis dire) des voix m'avait quand même un peu dérangé (au début du moins). Finalement, ce choix avait surtout été influencé par le fait que je ne trouvais pas la version originale anglaise.

Ici j'ai les deux versions à portée de main. Mais le choix semble encore pire car il parait que les deux sont en réalité des doublage post-tournage...
Mais la version anglaise correspond bien aux mouvement de la bouche, donc j'hésite.

:-(

EmileHirsch
EmileHirsch
Niveau 81
26 mars 2016 à 21:52:08

:up:

Des avis please :hap:

MegaGrunt3
MegaGrunt3
Niveau 10
26 mars 2016 à 21:55:53

Allemand

Aircuni
Aircuni
Niveau 10
26 mars 2016 à 21:57:42

Allemand et puis c'est tout.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 26 mars 2016 à 21:58:49

Allemand je suis catégorique.

MrBlondin
MrBlondin
Niveau 10
26 mars 2016 à 21:59:38

Oui en effet c'est la langue allemande qui est préconisée par Herzog. Pour la colère de Klaus Kinski!

EmileHirsch
EmileHirsch
Niveau 81
26 mars 2016 à 22:00:28

Bon bon bon. :peur:

Mais cette désynchronisation quand même :-(

EmileHirsch
EmileHirsch
Niveau 81
26 mars 2016 à 22:01:00

Le 26 mars 2016 à 21:59:38 MrBlondin a écrit :
Oui en effet c'est la langue allemande qui est préconisée par Herzog. Pour la colère de Klaus Kinski!

Paraitrait que c'est même pas Kinski qui se double en allemand :hap:

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