estion qui nous est ici posée porte sur les rapports entre l´évolution des moyens dont nous disposons pour agir sur le monde (le progrès technique) et l´évolution de la valeur profonde de l´homme, nous pourrions même aller jusqu´à dire l´évolution de l´humanité de l´homme.
Plus précisément la question consiste à se demander si dans les deux cas cette évolution est un progrès et si le premier est la cause du second.
Autrement-dit, est-ce que l´amélioration des moyens par lesquels nous transformons la nature et agissons sur le monde nous a rendu meilleurs, c´est-à-dire nous a disposé à poursuivre des fins plus en rapport avec ce que nous sommes, plus dignes de nous.
Cependant, si l´existence d´un progrès technique est incontestable, il est plus difficile d´apprécier ce qu´il en est du progrès moral, car si notre siècle a vu une certaine évolution des libertés et de l´esprit de tolérance, il a aussi été le témoin des pires horreurs auxquelles l´évolution des techniques n´était pas étrangère.
D´autre part notre époque contemporaine n´est-elle pas, du fait du confort que le progrès technique nous a donné, celle durant laquelle l´égoïsme et le matérialisme sous sa forme la plus vulgaire se sont développés à l´excès ?
Il y a donc une ambivalence du progrès technique qui, semble-t-il, peut nous rendre capable du meilleur comme du pire.