Ma vie, la suite...
Ce matin, projo de 5 screeners de films non finalisés à la recherche de financements pour boucler la post-production et de distributeurs/vendeurs internationales (30 minutes pour chaque film)
Un bon aperçu de la scène arthouuuuuuse mondiale (je tais les titres par respect pour les projets).
Un film thaï... ---> 30 premières minutes du film non mixées, non étalonnées.
Du wannabe-Weerasethahul/late-Ratanaruang à la limite du pastiche. ca commence par 2 plans qui doivent cumuler 10 minutes d'un mec traversant un paysage de plaine en mobylette, le foutage du gueule tient du fait que le mec sort du champ, fait demi-tour hors champ et y rerentre pour le retraverser pendant plusieurs minutes. Après c'est du même tonneau.
OUT !
(y en a marre, entre CE cinéma thaï et son pendant roumain, ça devient n'importe quoi, la fête au systématisme/mécanisme du "jepausemacamérapourfilmerlevide", zéro gestion de l'espace, zéro idée de mise en scène, le néant)
Un film néerlandais... ---> 30 minutes de la deuxième partie du film, non montées (on voit le clap au début de certains plans)
Les plans sont plus courts que le précédent film mais il se passe toujours rien. Machine s'enrôle sur un bateau, machine déambule dans les couloirs, machine prend son bain, machine regarde le vide... La photo est belle alors qu'elle est n'est pas encore étalonnée. C'est déjà ça.
Un film chinois... ---> 30 minutes condensant la totalité du film, non mixées, non étalonnées
Bon, y a un semblant de trame, ça ressemble à du cinéma. J'ai pensé direct au Park Chan-Wook époque Sympathy for Mr. Vengeance pour la violence froide et elliptique et l'humour bien particulier. Pas mal mais ça sort pas vraiment du lot.
Un film français... ---> les 30 premières minutes du film presque finalisées avec temp-tracking (genre musiques de Sunshine, ridicule vu la tronche du truc)
Un film de contamination "d'auteur", chiant comme la mort, mal joué. On oublie.
Un film brésilien... ---> film non monté donc sélection de séquences se déroulant dans la première moitié.
Enfin un truc sympa et singulier. Une sorte de comédie pince-sans-rire d'horreur sociale. Une femme au foyer décide de devenir patronne en ouvrant son propre magasin alors que son mari est licencié. Ils vont progressivement découvrir que le magasin cache bien des mystères...
Une sorte de mix entre Almodovar et Carpenter (en exagérant bien sûr) avec des trucs assez barrés (notamment les entretiens d'embauche du mari qui vire à l'absurde). Pas mal du tout.
Et après, brunch gratuit pour tous.
Et là, il fait chaud.