J'espère en tout cas qu'elle l'a plus enchantée que la mienne pour Diary of the Dead.
La version courte :
Romero is dead (tirez lui dans la tête !).
La version longue :
Après un Land of the Dead qui me faisait revoir à la hausse Bruiser, je me disais que George pourrait pas faire pire. Hé ben si (c'est écrit 5 lignes au-dessus !).
Diary of the Dead c'est con, naze, agaçant et moche. Romero sait pas sur quel pied danser et nous case des punchlines de la mort qui tue et des séquences de tuerie visuellement réussie mais qui ont juste rien à foutre là (le tir avec canon dans la machoire d'un zombie : au secours). Le pire c'est le MESSAGE™ asséné avec la légéreté de l'humour de Goudeur quand il essaye de draguer la grosse Germaine du rayon cacahuètes grillées de chez Leclerc ("Puisque t'aimes bien les noisettes, viens goûter les miennes !"). Trop d'information brouille la communication, surplus d'images, quand les grands médias le peuple sera le médium (je parle même pas de la rencontre avec la milice noire aka "Pour la première fois, c'est nous qui avons le pouvoir !", mon Dieu-bis.... si les images d'archive suffisaient pas faut en plus qu'on se farde la voix off d'un des persos. Parce que oui, le procédé (qui gonfle au bout de 5 minutes) est encore différent de Cloverfield, [Rec] ou Redacted pour citer les plus récents. Ici on a affaire à un documentaire, un montage des images tournées par un petit groupe d'individus et ce pour justifier l'utilisation des cuts, de la musique, de la mise en scène.
Tout ça pour dire que j'ai de la peine pour Romero, c'est indigne de lui et voir qu'il va continuer dans la voix zombiesque m'irrite au plus haut point.
Qu'est-ce qui me gonfle exactement ? Hé bien je vais vous le dire cher auditeurs oculaires :
- Romero est le premier à dire "Analysez mes films en fonction du message est une erreur, il faut les prendre comme de divertissantes séries B" vu que dès qu'on évoque Zombie, le moindre péquenaud sort son couplet "oui c'est une formidable analyse du consumérisme oui tu vouas oui" parce que bon dire qu'on a aimé le film parce que des crânes explosent et que la zik est cool ça fait pas très cinéphile tout ça
- ce qui m'amène à affirmer que Romero est tombé dans son propre piège avec Land of the Dead, déçu par l'échec de Bruiser et une décennie pas très concluante du point de vue réception critique et publique il se dit "les gens parlent de Zombie pour le message, je vais donc faire un truc qui va leur plaire' et paf on se tape un couplet sur le capitalisme, la lutte des classes, les inégalités, c'est imbuvable, grotesque et chiant. Et il réitère avec Diary of the Dead.
- la majorité des gens n'ayant pas un intérêt particulier pour le cinéma d'horreur pensent que Romero n'est que le réalisateur de quelques films de zombies (j'ai fait une analyse de Martin en cours, j'ai eu des réactions genre :
"- Romero a fait un film avec un vampire ?
- Ben ouais mec et même une comédie romantique, un post-nuke, un film à sketch, un film de sorcellerie, un autre avec un singe pas cool cool, un écrivain qui se dédouble, incroyable mais vrai."
Bon y a pas vraiment de cohérence dans ce que j'écris mais c'est mon ressenti voyez-vous.