John Cassavetes 1975
Gena Rowland ( Mabel), Peter Falk ( Nick)
" Contremaître sur les chantiers, Nick est submergé de travail et ne peut rentrer chez lui pour la nuit - De son côté, Mabel, son épouse, est déprimée... "
Je viens de le revoir et j´ai pas pu m´empêcher de créer un topic pour ce film , qui pour moi le mot " culte" serai trop reducteur.
Gena Rowlands est impeccable, non , elle vie le rôle. Elle est Mabel.
J´ai rarement vu une interpretation aussi juste.
Peter Falk magnifique aussi , en mari déstabilisé, qui essaye desesperement d´arrondir les angles pour masquer la folie de sa femme aux yeux des autres...et aux siens comme pour garder espoir de retrouver la Mabel qu´il a connu avant que la depression s´installe. L´amour dans une de ces nombreuse formes....
Pas de grande mise en scene éblouissante avec des diaologues qui font mouches,mais juste des petites scenes anodines qui atteignent des sommets artisitiques dans l´interpretation , que ce soit Rowland ou les figurants, ainsi qu´une justesse et une pudeur dans la mise en scene rarement égalé pour traiter un sujet aussi banal que la depression.
Du grand,du tres grand cinema.
moi je l'ai vu hier et je peux vous affirmer que c'est un des plus beaux films que j'ai jamais vu ![]()
par contre j'aimerais éclaircir un point :
quand elle demande à son père de se lever ça veut dire quoi ?
Mon deuxième Cassavetes préféré. Je recommande fortement Opening Night si vous avez été ébloui par Gena Rowlands, ainsi que le film Husbands, et Gloria.
Je l'ai vu il y a trop longtemps je m'en rappelle plus.
Il n'y avait pas un topic avec plus de messages? parce que c'est un des films préférés d'un forumeur actif ici (minimus pour ne pas le citer) et ça m'étonne qu'il n'ait pas poster sur le topic du film.
Ah ok il rapplique direct en fait. ![]()
Je poste rarement mes critiques sur les topics des films en question
j'ai toujours la flemme de chercher / créer le topic (sauf pour Love Exposure), en général je préfère le topic Derniers vus presque toujours à portée de clic ^^
Mouais, bof. Désolé Minimus mais il n'y a pas eu de miracle.
Ce que je retiendrai du film, ce sont les deux grandes performances de Folk et Rowlands. Après je dois dire que je n'ai pas été conquis. La découverte du personnage de Rowlands et de sa relation avec Falk est intéressante. Mais une fois le schéma installé, la première heure est assez chiante. Il n'y a que des variations autour de l'état de Rowlands, comme des répétitions de scènes interminables (le repas avec les amis de Falk...). Au bout d'une heure survient un évènement perturbateur, qui relance le récit (qui avance enfin). Le milieu du film est du coup plus intéressant. Mais je ferai à la fin les mêmes reproches qu'au début.
Je suppose que ceux qui ont aimé ont été touchés par les personnages, le scénario, les situations, mais je dois dire que je suis resté assez hermétique à tout cela.
Bah t'façon je m'attendais à aucun miracle, tu as pas aimé Van Gogh de Pialat, et en général si t'accroches pas à Pialat, t'as du mal avec Cassavetes.
Je te déconseille tout autre films de ces deux réals, à présent ![]()
Mdr
Par contre t'adore les films où il y a du monde à table et où ça finit en dispute nan ?
Regarde Un conte de noël ![]()
Bah disons que ça me rappelle un peu my family et my life, donc ça me touche
Mais le Desplechin est sur ma liste, après la claque de Rois et reine.
très bon film de cassavets
(up caché
)
Après avoir adoré Husbands je me suis lancé dans ce Cassavetes qui sur le papier semblait tout aussi énorme que le film précedemment cité. Bon en fin de compte je préfère Husbands mais Une Femme sous influence m'a cependant plu sur plusieurs points.
Tout d'abord il y a ces personnages. Superbement écrits et superbement interprétés, Gena Rowlands crève l'écran et donne la réplique à un Peter Falk qui se révèle particulièrement monstrueux! Mabel, femme imprévisible, au caractère délicat se révèle touchante car au final incomprise et même oppressée. Ce que j'aime chez Cassavetes c'est son sens de la mise en scène. Une mise en scène qui renforce le côté très intimiste du film et qui nous offre comme une plongée au coeur de cette famille, et de ce couple en particulier. On y suit les problèmes, les incompréhensions liées à la différence des deux personnages et les rares moments de bonheur. On voit leur vie quoi, une vie dépeinte sans faux-semblants, sans clichés ni d'idéalisations, et cette touche de réalisme est appréciable. Une musique également bien utilisée, jamais pour du remplissage sonore, elle a presque un rôle à part entière dans les rares moments où Cassavetes en use.
Après ce qui fait que j'ai moins aimé le film est que je n'ai pas forcément été transcendé, je trouve qu'il y a certaines baisses de rythme, des passages assez quelconques, sans réel intérêt (même si heureusement ce n'est pas dans la globalité). Et je n'ai pas eu l'impression de retrouver cette folie qu'il y avait dans Husbands. A vrai dire les personnages de ce dernier m'emballaient plus, le trio Gazzara-Falk-Cassavetes était tout bonnement jouissif.
Néanmoins c'est un film très bon que j'ai beaucoup aimé et que je pourrais revoir avec plaisir d'ici quelques temps, histoire peut-être d'y trouver encore plus intérêt, car oui, c'est une oeuvre riche et bien construite.
7.5/10
Les films de Cassavetes se bonifient dans nos têtes avec le temps
![]()
Pas dans la mienne ![]()
Nan mais toi tu connais rien au cinéma
Et t'as commencé par les mauvais
Vois Husbands et Une femme sous influence
Espèce de zboub ![]()
Lorsque j'ai terminé le visionnage de A Woman under the influence, j'ai su quelque part qu'il fallait absolument que j'écrive dessus.
Ce film achève de me prouver que John Cassavetes est un auteur plus qu'à part dans l'immensité du Cinéma américain. Que ce soit au niveau des thèmes abordés, du traitement formel de ses oeuvres ou de sa direction d'acteur, Cassavetes imprime partout sa patte originale et -il faut le dire- fortement appréciable.
Pourtant sur le papier on peut ne pas adhérer complètement à tous ses dispositifs (et c'est personnellement mon cas). Le truc c'est que Cassavetes fait des films presque à rebours... c'est à dire que si l'on en saisit pas tout le génie sur le moment, le souvenir du film (et celui-ci en particulier) nous hante tellement par la suite que l'on comprend que l'on a vu quelque chose de grand. Son amour des longues séquences par exemple ne m'emporte pas forcément, m'ennuie parfois et surtout me met mal à l'aise parce qu'un Cassavetes ce n'est pas une partie de plaisir. Chez un Kechiche le dispositif (sensiblement le même d'ailleurs) m'emporte mais je ne sais pas pourquoi, celui de Cassavetes me touche moins, me dérange (et c'est surement le but). Et je pense que si l'on peut continuer à comparer les deux auteurs sur certains points, leurs cinémas sont tout de même radicalement différents. Cassavetes choisit de faire fi de toute dénonciation sociale (et de mon point de vue même si Kechiche s'en défend, on peut trouver tout un sous-texte social dans ses films) et se concentre uniquement sur les relations entre les personnages. Alors bien sur le synopsis est réduit à peau de chagrin (Mabel fait partir ses enfants chez sa mère pour pouvoir passer une soirée avec Nick, son mari, mais celui-ci est retenu sur un chantier) mais ce n'est pas ce qui compte chez cet auteur. La ou on pouvait facilement s'embourber dans le drame social, Cassavetes ne prend à aucun moment le parti de Mabel ou de Nick et occulte tout l'aspect revendicatif qu'aurait pu avoir un tel film (comme il occulte la chute du travailleur sur le chantier, simple évènement satellite qui ne concerne pas Mabel directement) pour se concentrer sur autre chose de plus essentiel à ses yeux. Cassavetes décrit en profondeur les relations hommes/femmes dans toute leur complexité et leur ambiguïté. Et la encore ses talents font des merveilles puisqu'il choisit pour interpréter ce couple rien de moins que deux de ses acteurs fétiches (ou qui du moins le deviendrons par la suite): Gena Rowlands, sa femme, et Peter Falk.
Très franchement je pense qu'il faudrait plus d'un paragraphe de dix lignes pour montrer à quel point les acteurs de ce film sont géniaux. Ce qui est fou avec Cassavetes c'est que d'un film ou tout est improvisé ( Husbands pour ne citer que lui) à un autre ou tout est écrit (le film qui nous intéresse aujourd'hui) on ne voit simplement pas la différence. Tout est dit et joué avec une spontanéité et une vraisemblance qui frise le génie parfois (je pense notamment à la scène qui précède l'internement de Mabel, longue scène usante ou Gena Rowlands fait montre de tout son talent d'actrice) et qui emporte (souvent) l'adhésion du spectateur. Je me suis farci quelques heures d'interviews après le film et je me souviens particulièrement d'un entretien avec Rowlands qui expliquait comment elle avait conçu le rôle... et tout ce qu'elle dit dans cet entretien se retrouve à l'écran. Le rôle était écrit pour elle (et je trouve ça très beau quelque part d'écrire un rôle pour quelqu'un, c'est une belle preuve d'amour) et elle l'interprète magnifiquement. Pareil pour Peter Falk qui joue un Nick tout en ambiguïté entre l'amour qu'il porte pour sa femme, la honte qu'elle lui inspire de par son comportement et sa soumission à sa mère.
La force d'un film de Cassavetes c'est cela aussi. C'est d'arriver à dépeindre un état de fait (et Cassavetes encore une fois ne se rebelle contre aucun système, il est d'un fatalisme assez triste parfois même si Peter Falk voit dans la scène finale du film un changement positif, à discuter) en passant par des personnages qui sont dans l'excès permanent et qui pourtant nous donne l'air d'être dans la norme. Mabel veut désespérément être la femme parfaite et cela l'amène trop loin, elle perd pied dans le monde et sombre dans la déprime et -disons-le carrément- la folie alors même que Nick tente tout au long du film de se voiler la face et de fuir ses contradictions. Et encore une fois en dépit du fait que Cassavetes ne pense pas un film en terme de mise en scène je trouve que son système de prise de l'image est très bon. Cette caméra flottante qui s'approche au plus près des acteurs, qui les filme dans toute la banalité de leur quotidien, de leurs scènes de dispute,... C'est avec de l'amour pour ses personnages que la caméra tourne, on ne sombre jamais dans le voyeurisme malsain dans le film (ni dans les autres que j'ai vu d'ailleurs même si je ne les aime pas tous) et en sortant du visionnage on a l'impression d'avoir assisté à un monument de cinéma, littéralement.
En définitive A Woman under the influence est pour moi un grand film américain comme on en fait rarement, l'oeuvre d'un Cassavetes au sommet de sa forme.
Bon j'ai vraiment du mal avec Cassavetes, c'est le troisième film que je vois de lui et mon préféré, mais je n'accroche pas encore totalement. Disons que j'ai trouvé ça très long et que toute la partie sans Gena Rowlands je l'ai trouvée fortement en-dessous du début et puis j'ai eu du mal à être touché par cette histoire. Disons que je trouve tout ça trop hystérique, j'ai du mal à m'attacher aux personnages, mais bon forcément lorsque le petit garçon fait des bisous à sa maman en lui disant qu'il l'aime, j'ai un petit cœur qui bat malgré tout et je trouve ça mignon.
Le film m'a beaucoup fait pensé à du Kechiche (même si je préfère largement ce dernier) avec le côté pris sur le vif, la frénésie, cependant j'ai trouvé le montage moins affuté. Je veux dire que par moments je ne trouve pas les enchaînements de plans fluides, comme si on sentait qu'il y avait une coupe, un angle de caméra qui ne s'emboîte pas très bien avec le précédent, ou bien une micro seconde de blanc en trop au début du plan. Disons que je n'ai pas été totalement convaincu bien que j'apprécie follement le dispositif.
Par contre un truc qui m'a totalement convaincu et qui a fait que j'apprécie le film malgré tout, c'est les acteurs. Ils sont géniaux, Peter Falk et Gena Rowlands en tête, bien évidemment... mais ils sont tous bons, la grand-mère qui vient chercher les gosses au début du film et qui a l'air apathique, déjà totalement débordée par les gamins... le médecin... la belle-mère... ou même les collègues, tout ça est parfait. Ils se donnent à fond dans leur rôle, peut-être un peu trop, mais ça va avec la vivacité du montage et de la mise en scène.
Bref, c'est pas réellement le genre de film que j'apprécie pleinement à cause de plein de détails qui font que je rentre pas totalement dans le film, mais bon, ça n'en fait de loin pas un mauvais film.
J'me c/c bêtement. ![]()
[03:25:25] <Kalhas>
J'ai vu Une Femme sous Influence (1974). Je ne le recommande pas forcément car il faut avoir une empathie particulière je dirais pour en apprécier toute la finesse sans quoi certains pourraient s'y ennuyer ; j'ai rarement vu un film saisir avec autant d'intelligence l'humain, j'ai vraiment adoré.L'actrice d'ailleurs, elle m'a impressionné, j'ai rarement vu également une performance aussi bonne. J'suis direct allé voir si elle avait hérité d'un oscar mais seulement une nomination pour meilleure actrice finalement
Franchement les films comme ça moi ça me déstabilise toujours, c'est un peu comme certains films du mec de Drive my Car (le film que j'ai presque le moins aimé de lui finalement, trop 'carré/forcé' presque là où ses autres films se contentaient d'être dans la simple justesse)
Je vais me renseigner sur les autres films du réalisateur car pour avoir réussir à saisir aussi bien certaines choses, ce mec doit avoir beaucoup de leçon de vie à partager encore... enfin j'espère. (mais on fait pas un film comme ça par hasard, même si le scénario vient d'un autre)
Le 13 février 2023 à 04:21:40 :
J'me c/c bêtement.[03:25:25] <Kalhas>
J'ai vu Une Femme sous Influence (1974). Je ne le recommande pas forcément car il faut avoir une empathie particulière je dirais pour en apprécier toute la finesse sans quoi certains pourraient s'y ennuyer ; j'ai rarement vu un film saisir avec autant d'intelligence l'humain, j'ai vraiment adoré.L'actrice d'ailleurs, elle m'a impressionné, j'ai rarement vu également une performance aussi bonne. J'suis direct allé voir si elle avait hérité d'un oscar mais seulement une nomination pour meilleure actrice finalement
Franchement les films comme ça moi ça me déstabilise toujours, c'est un peu comme certains films du mec de Drive my Car (le film que j'ai presque le moins aimé de lui finalement, trop 'carré/forcé' presque là où ses autres films se contentaient d'être dans la simple justesse)
Je vais me renseigner sur les autres films du réalisateur car pour avoir réussir à saisir aussi bien certaines choses, ce mec doit avoir beaucoup de leçon de vie à partager encore... enfin j'espère. (mais on fait pas un film comme ça par hasard, même si le scénario vient d'un autre)
Bonne continuation alors. Tu peux repartir sur Opening Nights, comme ça tu quittes pas Hamaguchi (l'obsession des acteurs), et tu continues avec Gena. Sinon Meurtre d'un bookmaker chinois avec Ben Gazzara.
Husbands, qui demande une certaine résilience (une fameuse scene de bar, qui est assez insoutenable de par sa violence sourde) mais qui reste une oeuvre importante dans sa filmo. Et pis Minnie & Moskovitz, si tu aimes les romances de marginaux.. Gena Rowlands + Semmour Cassel qui danse une valse sur le parking.
Cassavetes, c'est génial (sauf Gloria et son propos méta sur les studios, c'est petit bras après tout c'qu'il avait fait). ![]()
Une grosse préférence pour Torrents d'amour, son meilleur à mes yeux.