C'est bien parce qu'avec son premier film, Aronofsky utilise ce qui caractérise tout ce qu'il y'a de plus détestable dans son cinéma, mais cette fois si avec bon goût.
Jusque là tout ce que j'ai vu de lui m'a profondément énervé, de par sa prétention et surtout de par cette mise en scène grossière qui veut se faire passé pour très intelligente mais qui manque tellement de subtilité, tout est trop gros, on voit toute les ficelles. Bref un cinéma qui est a mes yeux prétentieux et superficiel au possible.
Avec Pi, Aronofsky ne part pas dans ces travers. Il nous signe même un pure bijou de cinéma underground qu'on pourrais rapprocher sans problème au Tetsuo de Shinya Tsukamoto.
On plonge directement dans les thèmes qui sont cher à Aronofsky, a savoir en premier lieu : l'obstination. Avec un traitement très viscéral que j'aime beaucoup, un protagoniste obstiné par les chiffres qui souhaite a tout prix comprendre le monde par ça. On suis donc toute ses recherche, et ses questionnement, tout ça est très intéressant. Mais ce qui est le plus intéressant c'est de voir a quelle point le personnage plonge dans le chaos et côtoie la folie, on a ainsi le droit a des scène géniale de folie pure, a mi chemin entre du Lynch et du Tsukamoto (et bien évidemment Cronenberg). C'est d'ailleurs drôle, parce qu'on retrouve un peut tout ça dans son Requiem for a Dream, cette folie très Lynchienne. Mais ça ne marchais absolument pas. La on est dans du très sale, déjà par ce noir et blanc extraordinaire, mais aussi parce que la mise en scène est très chaotique, ça pue l'underground, l'organe pourrisant et la seringue de toxico. Dans RfaD, tout était gaché par cette mise en scène superficiel, trop lisse et un traitement profondément manichéen. Là on rentre dans la jungle urbaine, avec folie et chaos comme porte drapeau. Il utilise d'ailleurs beaucoup d'élément qu'on retrouveras dans RfaD qui ne marcherons finalement que dans Pi.
Enfaite, grâce à Pi je vois beaucoup de potentiel chez Aronofsky, peut être sauras t-il se détaché de tout ce qui pourris ses films... En tout cas ça m'a donné envie d'y croire.
8.5/10 (désolé ça doit être truffer de fautes)