Revu, après une énorme déception.
Et...ce fut très bien
La première fois j'avais surtout reproché au film le poids trop important qu'il accordait à Hans Landa, et un scénario qui m'avait paru décousu. Bizarrement ça n'a pas été le cas cette fois-ci, et la tension verbale chère à Tarantino est de nouveau présente dans Inglourious Basterds. Pour l'histoire, malgré quelques longueurs et facilités, il faut voir ça comme les pièces séparées d'un puzzle qui finissent par s'assembler. Rien d'extraordinaire ni de très original dans la construction narrative du film - quand on connaît la filmo de Tarantino - mais c'est quand même plus fluide et moins fourre-tout qu'il n'y paraît.
Le langage comme essence du récit est ici à son apogée, il n'y a qu'à voir les circulations d'une langue à une autre et ce que cela permet dans l'évolution narrative pour s'en rendre compte. Dans Inglourious Basterds on passe sans arrêt d'une langue à une autre, avec des effets différents : extrêmement dramatiques dans le premier chapitre où le passage à l'anglais n'est qu'une ruse du fourbe colonel Landa, pleins de suspense à la taverne où l'allemand a remplacé l'anglais que devrait parler Fassbender, ou comiques lors de l'opération finale, avec l'air ahuri d'un Brad Pitt parlant italien. Tarantino va plus loin que d'habitude dans cette manière de montrer l'importance de la parole, et le renouvellement ici passe par ce moyen plutôt que par la mise en scène somme toute classique.
Les acteurs sont tous excellents - à part le couple de français, un peu à la ramasse - avec une mention spéciale à Schweiger, Pitt, et surtout Diane Kruger hallucinante de beauté.
4/5