Premier truc qui frappe, l'énorme boulot accompli sur ce film en un temps record (le film a été bouclé en une année à peu près), certainement le fruit des plusieurs années de développement du scénario et d'une pré-production monstrueuse.
Au niveau du style, le film est dans la pur continuité de "Kill Bill Vol 2", Tarantino marche sur les pas de Leone, il étire ses scènes au maximum pour amplifier la tension sous-jacente, il nous réserve de longues confrontations dialoguées avant les explosions de violence aussi courtes que virtuoses.
Les acteurs sont tous bluffant, le casting (qui a déçu pas mal de monde lors de la mise en chantier du film) se révèle être un choix très judicieux, et même Eli Roth se montre brillant dans la peau d'un psychopathe au regard d'illuminé, Brad Pitt n'a jamais été aussi drôle depuis "Snatch", et Christoph Waltz a mille fois mérité sa palme à Canne, un acteur à suivre de très près, le boulot qu'il a effectué pour interpréter son rôle de chasseur de nazi est largement comparable au boulot de Heath Ledger sur le Joker.
Le film est évidemment bourré de grand moment de cinoche, le film va bien au-delà de la simple citation ou de l'hommage au série B préférées de Quentin, non le projet de mise en scène du réalisateur est vraiment hors du commun, le carnage final dans le cinéma est juste grandiose, une atmosphère unique, un arrière gout de fin du monde, mélange unique de lyrisme sauvage et de violence catharsique.
Disons-le clairement, Quentin Taratino a encore explosé le palier de sa maturité cinéphilique pour nous livrer des scènes dont lui seul a le secret et pour nous faire vivre des émotions qui sont hors de porté de la plupart des réalisateurs actuellement en activité. Il faut aussi préciser que Tarantino a une foie aveugle dans ce qu'il raconte et dans le pouvoir de séduction/manipulation du cinéma, le film réserve donc des surprises et n'a absolument rien d'historique, on est bel et bien face à un grand film de cinéma libérateur.