Mon avis un peu plus développé:
Quelle leçon de mise en scène, vraiment. Je l'avais vu quand j'étais plus jeune mais je ne m'en souvenais pas plus que ça, et surtout je n'en avais pas mesuré la qualité. Michael Mann était déjà un réalisateur que j'appréciais particulièrement, et chacun de ses films visionné confirme l'idée qu'il est sans doute l'un des meilleurs encore en activité.
Le fait de redécouvrir ce film en 2014 a été aussi l'occasion de faire pas mal de liens avec des références maintenant évidentes dans GTAV. Un constat qui témoigne encore une fois des influences géniales de cette franchise qui ne se repose pas uniquement sur une liberté de mouvements, ou de tuer, mais bel et bien une avalanche de clin d'oeils cinématographiques de qualité couplé à autant d'horizons parcouru sur le plan musical que sur le plan artistique. Mais je m'égare.
Heat est je trouve, avec Collatéral, l'illustration la plus explicite du style de Mann. Un réalisateur qui visiblement aime s'intéresser aux travailleurs. Plus précisément, il s'agit surtout de mettre en scène des personnes vampirisées par leur travail. Ses personnages sont constamment des types qui font leur boulot, qui ont une fonction précise à l'image du face à face Pacino/De Niro devant leur café ou de la minutie de la première attaque. Ou celle de Vincent et Max dans un taxi. Une "obsession" ma foi assez intéressante pour peu qu'elle soit traitée aussi impeccablement dans ses oeuvres majeures.
Mann sait également rendre une fusillade intense, celle après le cambriolage de la banque est peut-être la meilleure que j'ai pu (re)voir jusqu'ici, et était elle aussi sans rappeler une mission de GTAIV. Sur le fond, l'histoire n'est pas extraordinaire, mais son traitement l'est tel que cela devient une vraie force du style du directeur. Bien raconter une histoire simple, c'est ce qui donne vie à d'excellents films, à l'opposé de ceux qui se forcent à faire du faussement complexe pour faire briller les yeux des spectateurs les plus impressionnables. Je pense à Nolan sur quelques uns de ses films.
Sinon, je n'ai aucune attache particulière envers un Al Pacino ou un De Niro concernant le casting, un point qui, il faut l'avouer, est souvent sujet à une masturbation massive de façade. Ce film est avant toute chose une leçon de cinéma d'un point de vu réalisation.
Il me reste encore 2-3 films à voir pour compléter le visionnage de la filmographie de Mann, mais ce que je sais déjà c'est que clairement, il est l'un des meilleurs réalisateurs de post-modern depuis The Last of the Mohicans.
Message édité le 17 décembre 2014 à 13:42:32 par Blek