Nan mais je vois pas pourquoi tu reviens là-dessus.
Si je devais te décrire précisément ce que je ressens et ce que je pense, voilà ce que ça donnerait :
Ca fait un bon moment que je n'ai pas pleuré (probablement jamais) ou que je n'ai été ému devant un film qui présente des personnages comme dans Heat. Les personnages ont une vie, une personnalité, et c'est a priori crédible. Sauf que justement, jamais ces personnages ne pourront être aussi vivants que des personnages de réalité. Par conséquent, un film comme cela ne peut au mieux qu'imiter la réalité de manière fade... Car ils ne cherchent pas à faire autre chose. Pour faire plus réel, ils recherchent la complexité, des personnages noirs, obscurs, avec des faiblesses, des forces... Mais personnellement, si je veux en voir des beaucoup plus poussés, j'ouvre n'importe quel livre, car je pense que la littérature estp lus apte à mieux décrire un personnage que le cinéma, non car les mots sont plus puissants que l'image (ce que je refuse à penser) mais car le format livre permet de bien mieux développer que le format cinéma standard de type entre 90 et 160 minutes.
La force de Mulholland Dr. est justement d'aller chercher autre chose et ne pas rechercher la simple complexité d'une personnalité, chose qu'a priori il est trop difficile de faire (et si on essaye, c'est trop artificiel). Ce qui arrive à Diane dans MD c'est totalement rêvé. Et le rêve est bien mieux que la réalité. Et Betty est une cruche. Le conflit entre rêve et réalité (ou virtualité/réalité) est déjà un thème que j'adore vraiment. Mais dans MD, il y a vraiment ce coflit qui est surpuissant, Diane et Batty se détestent littéralement. Elle se voit réussir alors que c'est une looser. Mais le film ne s'apitoie pas à dire qu'elle est triste le film s'occupe d'autres choses, et monte le discours bien plus haut. Le problème c'est même pas ce pauvre réalisateur auquel il n'arrive que des emmerdes, c'est le niveau encore au-dessus, les parrains, tout ça. La mafia quoi. Et il y a autour de Diane toute une tragédie, toute une machination... Mais machination c'est pas le bon terme c'est plutôt machin le bon terme. A la fin de la première vision de MD, après la scène finale qui est absolument énormissime (délicieusement absurde : doit-on rire ou pleurer ?) je me suis dit "j'ai pas compris quelque chose, il s'est passé quelque chose et ma plus grande peine c'est de ne pas avoir compris ce qui s'est passé."
Mais quand je me suis dit ça, ça ne veut pas dire "je n'ai pas compris le scénario" ça veut dire, j'ai vécu quelque chose d'indicible. Je ne me suis pas identifié à un personnage, je me suis identifié à un concept, à une idée. Et c'est ça qui est génial dans le Lynch, on part d'une image plutôt stéréotypée (l'actrice qui veut faire fortune) pour en arriver à une image archétypale (la star hollywoodienne, celle qui réussit mais aussi celle qui échoue).
Enfin, il y a toute une confusion de choses à dire sur ces choses que j'ai du mal à saisir, que ça provoque en moi un véritable choc.
Le choix de Pacino, j'en ai pas eu grand chose à faire
Bref, je pourrais encore développer longtemps je pense, mais je vais m'arrêter là
Pour moi, MD ne joue pas du tout dans la même cour qu'un Heat, ça c'est une certitude.