Vu today.
Chat noir, Chat blanc est un film généreux, mais il l'est tellement qu'il finit par étouffer le spectateur. Kusturica est un peu la donna à la forte poitrine d'Amarcord, et le spectateur est cet autre personnage qui à son contact ne peut plus respirer. Chat noir n'arrête jamais son élan, contient rarement ses excès, commence à cent à l'heure et ne ralentit quasiment jamais sa course. Autant dire que d'une certaine manière, on a là un cinéma exigeant, maintenant constamment son rythme effréné, que le spectateur choisira ou pas de suivre. Le film de Kusturica est surtout la preuve que l'ennui n'est pas l'apanage d'un rythme lent et d'un cinéma plus austère. Ici tout est débridé, vivant, c'est un cinéma de l'excès, mais le problème c'est qu'il y a un surplus de tout ça, un excès d'excès, une manière décomplexée de tout montrer sans retenir quoi que ce soit. Ce trop-plein décrédibilise totalement la psychologie des personnages, dont on sent qu'aucun n'est nuancé. On a surtout l'impression que tout le monde se ressemble, puisque ce qui caractérise la majorité des personnages est la constance du mouvement et de la parole. Chat noir, Chat blanc est un film où ça bouge et où ça parle tout le temps, devenant rapidement exténuant. L'intrigue même fait dans la surenchère permanente, car il est ici beaucoup questions d'événements importants, et que de ça même : des mariages et des morts, preuve que le film ne fait que chercher son développement dans ce besoin d'atteindre une limite, d'évoquer des faits extrêmes. Chat noir, Chat blanc ressemble à une fête à laquelle on aurait préféré ne pas être invité. La musique est trop forte et les gens gueulent un peu trop. Chat noir, chou blanc.
Je développe pas ma critique, j'ai du mal avec les films qui m'ennuient d'un bout à l'autre. Disons que je préfère pas passer trop de temps dessus
Ceci dit la photo est belle et euh...non rien en fait.
2/5