Que Scarface n'est pas un film moral.
Je ne vais pas retranscrire une conversation de 25 minutes dans son intégralité, mais en gros (spoilers évidemment) :
Scarface : Déjà il précise que ce film est à prendre avec des pincettes, parce que son "héros" n'est pas un vrai personnage De Palmien. Il m'a dit qu'on ne pouvait pas réellement considérer ce film comme un film moral parce que malgré la fin (la mort du trafiquant et tueur) qui pourrait dans un premier temps laisser penser qu'il y a une morale, le personnage ne subit qu'une mort "physique". Mais à aucun moment il n'y a de rédemption, ce qui nuance déjà grandement le terme de moralisateur. Par ailleurs, malgré tout ce qu'a fait Pacino dans le film on ne peut souhaiter que sa mort se déroule de cette manière. Ici BDP fait volontairement dans la surenchère (récurrent dans son cinéma), le corps est criblé de balles à n'en plus finir, tel un pantin désarticulé. Cette mort d'une violence extrême provoque chez le spectateur un trouble. Car si au départ on peut considérer Pacino comme un salaud, cette mort nous créé presque un sentiment d'empathie (mais quand même pas). Cette ambiguïté, très présente chez De Palma, permet de dire que ce film n'est pas un vrai film moral, que c'est plus compliqué que cela.