Vu !
-Cas suivant ?
-12 Hommes en colère votre honneur.
-Très bien. Le verdict des jurés ? Reso ?
-Grand film.
-IanC ?
-Grand film.
-Ribéry ?
-Grand film.
-Disque ?
-Grand film ( pour un film américain )
-Blazco ?
-Grand film.
-leprodiss ?
-Bof, film moyen.
Hé hé, un homme ose contredire les autres, et quel homme !
Je suis effaré par la connerie de ce film. Je comprends pas l'engouement autour de lui, ni le substantif " chef d'oeuvre " qu'on lui attribue trop souvent. 12 Hommes en Colère est le film de gauche dans ce qu'il a de pire, oeuvre maladroite ( mal à droite ha ha ha ) qui ne ressemble à rien d'autre qu'à un film à thèse lourd ( pléonasme ? ). Le premier film de Lumet voudrait inciter le spectateur à reconsidérer son point de vue sur les choses, comme le font les onze jurés du film. Le problème, c'est que tout ici est unilatéral, et que dès le début on se range du côté d'Henry Fonda. Dès lors, quel suspense peut-il y avoir ? Aucun, ou très peu, puisque le film se contredit de la manière la plus hypocrite qui soit : il assène de grandes leçons de morale d'un côté et ne les suit pas de l'autre. Il exhorte à ne pas précipiter son jugement, à éviter préjugés et opinions hâtives, mais ne fait rien en même temps pour installer le doute. Un des personnages dit d'Henry Fonda qu'il est seul contre tous. C'est faux, le spectateur est avec lui.
Tout ici est manichéen, trop énorme pour être vrai. Le scénario est d'une bêtise...il accumule lourdeurs et démonstrations de force, ne laisse aucune participation au spectateur puisqu'il lui explique absolument tout. Soit par exemple Henry Fonda qui dit que ça arrive à tout le monde de " vouloir tuer quelqu'un ", et quelques minutes après, le gros méchant du jury qui n'était pas d'accord s'énerve en gueulant " Je vais te tuer ". Grande finesse d'écriture, bravo, vraiment.
La théâtralité du film joue contre lui. Il faut reconnaître que la mise en scène évite un immobilisme qui rapprocherait davantage le film d'une représentation théâtrale. Mais dans les dialogues, les déplacements des personnages, la manière qu'a chaque acteur de dire sa réplique et de manifester sa présence en surgissant à l'écran, le film sombre dans la facilité, donne l'impression que tout est trop bien répété, déleste l'oeuvre de crédibilité. Quelques mouvements de caméra ne doivent pas occulter la fixation du film dans une esthétique morne et cette sensation que nous ne voyons que du théâtre filmé.
Les intentions du film sont louables, mais le style qu'il utilise et le ton qu'il emploie jouent en sa défaveur. Il y avait là matière à une grande oeuvre dont les considérations philosophiques auraient pu interpeler. Mais les interrogations sur la justice et la démocratie ne volent pas haut, même s'il y a quelque chose de touchant et de plutôt révoltant dans le fait que la vie d'un homme puisse se jouer entre les mains de douze autres. Lumet veut bien faire, certes, mais il le dit mal. 12 Hommes en Colère, c'est un peu comme si on disait à une fille qu'on était amoureux d'elle en le lui gueulant. L'intention est bonne mais la manière décrédibilise tout.
Oeuvre trop maladroite, dont les gros sabots écrasent définitivement le beau message démocrato-humaniste, 12 Hommes en Colère n'est certainement pas un chef d'oeuvre du septième art. Et là, j'ai juste envie de sortir un mot que j'aime tant...
5/10