J’en aurais mis du temps à voir ce Gattaca que l’on m’a toujours conseillé. Si j’avais su plutôt que c’était le premier film d’Andrew Niccol, réalisateur du formidable Lord of War, peut-être que je me serais attelé à la tâche plus tôt.
Il faut dire que j’ai tendance à aimer ce genre de science-fiction qui met en scène une histoire dans la mesure où cela reste réaliste et montre comment le rapport de force entre l’homme et la technologie risque de basculer. Dans le même genre, Moon m’avait beaucoup plu, bien qu’il manque ce petit truc qui fait qu’on aurait pu parler de chef d’œuvre. Plus récemment, c’est la série Black Mirror qui proposait très justement un audacieux traitement des rapports humains et du progrès technologique.
Gattaca, c’est tellement moche visuellement qu’on dirait que ça a 40 ans, alors que ça ne date « que » de 1998. Mais peu importe que ça ne soit pas forcément très agréable à regarder à cause des couleurs bien trop ternes, le principal n’est pas vraiment dans la forme, mais plutôt dans le fond. Puis même si la photo n’est pas forcément au rendez-vous, la bande-son a le mérite d’être bien choisie et améliore l’ambiance générale.
Enfin bref, parlons du contenu. C’est l’histoire de deux mecs qui vont se compléter en échangeant leur corps et leur mentalité pour permettre à l’autre d’accomplir ce qu’il veut. Ca peut paraitre farfelu comme ça, mais c’est un petit plus compliqué que ça en a l’air. Dans une société futuriste, l’un a été conçu de façon à avoir un patrimoine génétique impeccable, et l’autre a eu le malheur d’être quelqu’un de normal. Si le premier est destiné à aller dans l’espace, le second ne peut qu’en rêver. Mais le jour où le premier va être victime d’un accident et que tout ses espoirs vont s’effondrer, c’est bien le second qui va réaliser son rêve en échangeant son identité avec le premier qui va alors vivre avec l’unique rêve d’y aller, tout en sachant qu’il n’y ira jamais.
Au-delà de ce que l’on peut connaitre actuellement en termes de discrimination (sexe, âge, origine ethnique…), Gattaca et ses technologies donnent lieu à une discrimination génétique pas si absurde quand on voit tout ce que le progrès nous permet de faire à l’heure actuelle. Je n’irais pas plus loin pour ne pas spoiler mais le traitement est assez saisissant. Ca manque peut-être un poil de suspens, d’autant plus que j’ai très vite compris qui se cachait derrière le « flic » qui traque les usurpateurs, mais ça reste vraiment intelligent et innovant dans la mise en scène et les thématiques explorées.
Le film n’est pas parfait et je ne parlerais pas de chef d’œuvre comme je l’ai déjà pas mal lu, mais Gattaca demeure tout de même un très solide film de science-fiction comme j’aimerais en voir plus souvent. La puissance dramatique qui s’installe (de manière légèrement trop linéaire cela dit) est à la fois oppressante et émouvante. Un film intelligent et beau, et certainement un classique.
7,5/10