Après Beowulf, je dois dire que j’avais totale confiance en Zemeckis, surtout à l’idée de voir ce maître du divertissement familial faire un film d’aventures sur le thème de Noël, ça pouvait avoir énormément de charme. Pourtant, le film ne m’a pas totalement convaincu.
Encore une fois, les atouts sont dans la forme. Zemeckis est un virtuose et un vrai penseur en ce qui concerne l’animation, ici on le voit tenter des trucs, des idées de mise en scène impossibles à réaliser en live. Notamment un plan séquence improbable mais assez ouf où l’on suit un ticket emporté par le vent. Tout le film est comme ça, impeccable dans sa mise en scène et également très réussi dans sa direction artistique. Après j’ai aussi l’impression que Zemeckis veut en faire un peu trop, notamment dans la deuxième partie où il continue à mettre ses personnages dans des situations périlleuses qui me semblent un peu artificielles et là surtout pour relancer le rythme et lui permettre de se lâcher côté mise en scène. Mais bon, on ne peut enlever au film son sens du spectacle, de la démesure et son rythme. Je rajouterais également que la musique de Silvestri est très belle, avec un petit côté elfmanien dans l’utilisation du carillon.
Après bon, je n’en avais hélas pas grand chose à foutre des personnages. J’avais plus l’impression de voir des personnages-fonction au service du récit que de vraies personnalités attachantes. Il faut dire que ce n’est pas aidé par les choix graphiques de Zemeckis. Alors je ne dis pas, il y a dix ans c’était sûrement très impressionnant et révolutionnaire ce recours à la motion/performance capture. Mais aujourd’hui, ce photoréalisme donne un côté gênant au film. Plus encore que pour Beowulf, les personnages sont à la fois trop et pas assez réalistes et c’est parfois assez laid, notamment sur la fillette. Le pire échec du film restant le petit « nerd » une abomination visuelle pas aidée par une voix absolument atroce ne collant pas du tout au personnage. En parlant de voix, bon je ne suis pas fan du tout de Tom Hanks et le voir incarner tous les personnages mâles adultes du film est assez exaspérant, surtout que ce n’est pas un doubleur de métier et qu’on finit toujours par le reconnaître malgré les accents et les changements de timbre.
Donc voilà, ça reste un film agréable grâce au sens de la réalisation de Zemeckis, cette ambiance de Noël naïve mais sincère (même si un peu lourde sur la fin) mais c’est très loin de Beowulf pour moi. A voir si Scrooge me parlera davantage.