Que dire, mis-à-part que c'est peut-être le film le plus bouleversant qu'il m'ait été donné de voir, la critique de la guerre la plus efficace (et pourtant on en a vu des centaines) et pourtant le tout est d'une simplicité incroyable.
Car si le film nous émeut, il y parvient sans montrer la moindre mutilation, pas besoin d'images pour choquer, tout est suggéré et cela accorde une force plus prononcée à l'empathie que l'on ressent pour notre "héros de guerre". Nous sommes dans sa tête, nous découvrons en même temps que lui les infirmités qui le grèvent, avec les mêmes sentiments d'horreur et de haine.
Mais finalement, ce n'est pas vraiment toutes ses blessures physiques qui prennent le spectateur à la gorge, non! C'est l'horreur de cette véritable torture mentale que Johnny subit. Il ne peut ni communiquer, ni voir, ni entendre, il est enfermé avec lui-même, condamné à vivre sa vie dans un coma "conscient". Il n'a plus de notion du temps, ne connait plus son âge et n'a plus que ses rêve pour passer le temps. Cet homme sans identité, sans avenir, meurtri en son fort intérieur est le fruit de la guerre et de la propagande mensongère de l'Etat. "Engagez-vous et devenez des hommes" . Johnny est devenu une loque.
Cette apogée de l'horreur fait de Johnny Got His Gun, le film anti-militariste le plus convaincant qui soit avec un sincérité réelle.
9/10 ou 9,5 : à méditer