C’est quand même plutôt sympathique d’avoir l’occasion de découvrir au cinéma une version remasterisé de ce qui est considéré comme l’un des plus grands classiques du septième art. Cependant, bien que tout ait été mis en œuvre pour que j’apprécie ce film, il semblerait que contrairement à la majorité des spectateurs, je n’y ai pas complètement trouvé mon compte.
Alors c’est certes très beau, ces plans crépusculaires de l’Amérique profonde, ces gros plans sur les animaux ou les insectes. Mais on pourrait caricaturer le tout en disant qu’on est à mi-chemin entre La Petite Maison dans la Prairie et un documentaire animalier Arte. J’exagère certes, parce que Malick sait vraiment comment filmer la nature et les êtres vivants, hommes compris, mais au-delà de ça, c’est quand même assez vide. Le travail technique est remarquable, mais le résultat final – et c’est surtout ça qu’on juge – n’est pas aussi bon que ce que j’attendais.
Une autre concession que je peux faire au film, c’est le contexte. J’imagine bien que le voir à sa sortie juste avant les années 80 et maintenant en 2014, ce n’est pas pareil. Mais toujours est-il qu’on a quand même une histoire relativement banale. Et pourtant j’aime la simplicité narrative, car ce sont souvent les films les plus efficaces et les plus universels qui ont ça. Malick tente de sublimer le tout mais finit par être vraiment répétitif avec tous ses plans dans les champs de blé et au coucher du soleil.
Du coup, le truc c’est que c’est tellement bien filmé que ça se regarde quand même avec plaisir. Chaque plan est intéressant et nous dévoile quelque chose, préférant souvent le langage pictural aux dialogues. D’ailleurs j’ai vraiment trouvé les trois acteurs principaux (Gere, Adams et Shepard) assez égaux et je pointe peut-être bien l’un des défauts du film : aucun ne sort vraiment du lot, et le rôle de la petite sœur qui sert de voix off est vraiment sous exploitée : elle raconte l’histoire de son œil extérieur, et c’est tout. J’aurais voulu plus la voir.
Cela dit, l’histoire dépasse quand même ce que j’avais imaginé. Je ne pensais pas Malick capable d’aller aussi « loin » et c’est tant mieux, on a une vraie fin en cohérence avec les enjeux du film et nous laisse donc sur une note positive qui peut éventuellement nous amener à réfléchir et refaire le monde. Car s’il y a une chose que Malick maitrise, c’est bien se (nous) prendre la tête avec des questions existentielles…
6/10