Je viens de le voir (je reviendrai sur la critique après) mais je ne comprends pas pourquoi vous le comparez tant à la Ligne Rouge.
A mon sens ce n'est pas du tout pareil, la Ligne Rouge est un "vrai" film dur, où Malick filme une certaine inhumanité au sein des hommes...
Alors que les Moissons du ciel c'est l'inverse, même si ça tourne mal c'est un film extrêmement humain, je n'ai rarement vu de films aussi humain je pense.
Si ce film me fait penser à un autre de Malick, ce serait plutôt La balade sauvage : on retrouve cette naïeveté, et en parallèle ces décors de l'Amérique profonde, notion de voyage, etc etc
Mais comparer Les Moissons du ciel à la Ligne Rouge...
Non je comprends pas, autant vous pouvez préférer La Ligne Rouge, mais je ne vois pas en quoi ce serait un argument pour dévaluer les Moissons du ciel car à mon sens il faut comparer le comparable, c'est tout.
Pour en revenir à ce film esthétiquement j'ai rarement été confronté à autant de maitrise (sauf dans les autres Malick évidemment
).
A vrai dire je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et finalement l'histoire m'a étonné. Déjà je pensais pas vraiment ça. Et il faut le dire : l'intrigue est assez simple, voire banale, contrairement aux autres Malick que j' ai pu voir.
Mais finalement cela fait toute l'efficacité du film je pense. A part la magnifique nature, on se sentirait presque d'un huit-clos, où 3 personnages s'affrontent. Et le choix de prendre le point de vue de la petite fille est extrêmement judicieux, on sent ce décalage avec la réalité qui lui échappe.
Ce film me parait cruel, mais vrai, sensation que l'on retrouve souvent chez lui. J'ai été sédui par cette qualité de l'image, et cette phrase du photographe d'Almendros résume bien le film je pense : "un film très visuel, où l'intrigue serait dévoilée par les images elle-mêmes. Très peu de gens veulent vraiment donner cette priorité-là à l'image. D'habitude le réalisateur donne la priorité aux acteurs et à l'intrigue, mais ici l'intrigue est racontée visuellement" (deux phrases en fait).
Et cette importance se retrouvera dans Tree Of Life...
Non mais je sais pas j'ai adoré, en même temps même si je suis vexé par la certaine simplicité de l'histoire, l'ambiance de ce film m'a envouté, et je le répète esthétiquement c'est de l'Art.
9/10.