Bof bof, sympa mais voilà sans plus.
Jusque là avec David Lynch, c’était un peu du tout ou rien. Un coup je criais au génie, un autre je criais presque au ratage… La première bonne nouvelle d’Elephant Man (qui n’en est pas forcément une en fait) est que ce film se détourne un peu de ça.
Mise en scène très sobre, scénario fluide, noir et blanc très prononcé, mise en accent sur un certain humanisme (voire déshumanisme), ce Lynch rompt assez avec ce qu’il a fait d’autres en règle générale je trouve. C’est d’abord un film que lui-même a qualifié de « classique », et je suis tout à fait d’accord avec lui sur ce point.
Dans un Londres en pleine expansion on suit cette « humanisation déshumanisante » (je pense que j’ai trouvé l’expression pour qualifier ce film :hap : ) de ce jeune adulte au visage si difforme que l’on pense voir un éléphant. Ce film est tout d’abord beau. Parque dès le début on se rend compte que cette mocheté est avant tout le fruit d’une femme ravissante, et même les éléphants filmés dans la cambrousse ont un certain charme. Puis ce film est beau car Lynch le rend beau. Les dernières scènes sont extrêmement touchantes, on est attaché à ce personnage, qui, au départ, nous répugne assez (le fait pendant un bon petit quart d’heure de ne pas montrer réellement ce visage nous fait craindre le pire, enfin m’a fait craindre le pire), puis devient presque sympathique.
Bon puis l’histoire se suit, on comprend que cette créature, ou quelle soit, dans un milieu aisé ou pauvre, ou même au théâtre, elle n’est qu’un simple spectacle de foire, qui à la fois fascine et effraie les gens. Le problème de ce personnage est qu’il est intelligent. D’ailleurs c’est drôle car au début Hopkins dit « heureusement qu’il est idiot » ou un truc dans le genre je crois, et effectivement s’il l’avait été bon le film n’aurait pas eu grand intérêt mais la personne même aurait sans doute moins souffert.
Au-delà de l’histoire, solide, je retiens l’excellent jeu des acteurs, le choix de ce style de mise en scène convient parfaitement au film, la musique très bien choisie (l’Adagio for Strings de la fin est bouleversant), bref pas mal de bons points. Ceci étant ça reste bon, sans plus je trouve. C’est bien, mais pas extraordinaire. Enfin vous me direz : Lynch réussit à porter le film pour le sublimer, je suis assez d’accord, mais ça ne m’a pas plus renversé que ça.
Donc voilà ce film est assez « normal », pour moi c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose, en tout cas à avoir, on prend un certain plaisir.
Pour la fin, il meurt ou pas ? Enfin perso je pense que oui car au début on demande pourquoi il ne dort pas comme tout le monde et on répond qu’en réalité à cause de sa tête il ne pouvait pas le faire sinon il mourrait. Or bien sûr il le fait, donc ça semble logique cette fin mais je ne suis pas certain. Peut-on me confirmer que c’est ça ? Et ainsi mon expression de « humanisation déshumanisante » prendrait réellement tout son sens, si vous voyez ce que je veux dire…
