j´avais peur d´être déçu. j´aurais pas eu l´air con en ayant conseillé un film que finalement je n´aurais pas aimé.
Et finalement, j´ai vraiment aimé.
Oh, le film pue la propagande soviétique à plein nez, le scénario tient sur un ticket de métro et les personnages sont, on ne peut plus stéréotypés.
Ce film est donc bien la preuve que la forme est au moins aussi importante que le fond au cinéma.
Dès les premières images, j´ai été transporté par cette réalisation magistrale alliées à la musique superbe de Prokoviev.
Dès les premiers chants, je me suis senti exalté. Le duo Eisenstein/Prokoviev ne fait pas dans la dentelle, y va à fond, et c´est sûrement pour ça que l´on ne peut résister à ce film, que l´on soit russe ou non. Leur symbiose donne à Alexandre nevski des allures d´opéra.
En jouant le manichéisme à fond, en rejetant toute psychologie inutile, en faisant de ses personnages de simples pièces dans son histoire, Eisenstein donne à son récit une couleur mythologique donc plus universelle que ne le parait au première abord cette oeuvre de propagande. Le film tend vers l´abstraction.
Enfin, je parlerais du seul truc qui m´a déçu: la fameuse scène de bataille sur le lac gelée, tant vantée ici et là. Et bien, j´ai trouvé que le figurants bien peu convaincus par leur sujet. Tout ça manquait de sauvagerie, de violence. Je l´ai trouvé beaucoup moins puissante que le reste du film.
Heureusement, cela ne nuit pas à la cohérence de ce somptueux opéra.