Après avoir vu et apprécié dans l’ensemble Punch-Drunk Love, je me suis attelé à voir Boogie Nights. C’est donc mon deuxième Paul Thomas Anderson et je commence à comprendre les codes de ce réalisateur pas comme les autres.
Ca commence fort avec un plan-séquence assez magistral de plusieurs minutes qui nous met dans le bain, et nous présente dans le désordre les différents personnages avec lesquels nous allons avoir affaire. Univers du porno des années 70 et 80 aux Etats-Unis, percée d’un acteur au membre principal plus volumineux que la moyenne, et arrivée de la drogue dans le milieu constituent les axes principaux du film.
Il faut dire que c’est techniquement très abouti, on a droit à de long plans-séquences mélodieux (la musique ayant un rôle très important dans le cinéma de Paul Thomas Anderson), des mouvements de caméras captivants (je pense aux dialogues entre 3 ou 4 protagonistes et quand la caméra tourne autour du groupe, dans le dos des acteurs) et une mise en scène remarquable, bien qu’un peu lassante lors du « tournant » du film si je puis dire, là où il prend un autre sens.
Le film dure environ deux heures et trente minutes, ce qui est long, mais pas dérangeant quand le tout est correctement rythmé. Or j’ai ressenti comme un petit coup de moins bien aux deux-tiers du film, une vraie perte de vitesse. Heureusement les 20 dernières minutes nous remettent dedans et nous laissent sur une bonne note.
Côté acteurs j’ai trouvé Mark Wahlberg très convaincant dans ce rôle atypique où il ne joue qu’un jeune homme de 17 ans. Les différents seconds rôles sont pas mal aussi, avec une mention spéciale à Philip Seymour Hoffman qui arbore le style vestimentaire du siècle.
Pour conclure je dirais que j’ai vraiment passé un bon moment, Paul Thomas Anderson n’a pas encore réussi à me faire littéralement jouir de plaisir devant un de ces films mais ça avance, car son style cinématographique a tous les ingrédients susceptibles de m’intéresser.